Un Hiver à Paris ; Jean-Philippe Blondel

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UN HIVER À PARIS

Jean-Philippe Blondel

 Buchet Chastel

Roman

270 pages

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« Je n’ai même pas sauté de joie en apprenant les résultats du conseil de classe. Après tout, cela signifiait encore une année de translucidité dans cet établissement où je n’étais rien. La seule vraie surprise de ce jour-là, ce fut quand Paul Rialto me salua pour la première fois.

Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il y découvre une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable….
Confusion des sentiments, attirance pour la mort et pour la vie, succès gagné sur un malentendu, amertume et plaisir… On retrouve dans Un Hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel. » 

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Mon avis

J‘ai commencé à lire Jean-Philippe Blondel avec son G229, et avais apprécié ma lecture. Elle date de 2011. Depuis, j’ai abandonné l’auteur, ou oublié, par inadvertance, sûrement. Puis, il y a eu cette couverture. Paris. L’hiver. Cette ville des lumières, ma saison favorite. « Je veux faire l’amour partout, même sur les toits de Paris », comme le chante Fauve, mais c’est sans rapport, mais j’aime bien les hors-sujets. Une photographie douce, mais froide; qui laisse notre imagination aller là où elle souhaite se rendre. J’étais conquise, curieuse.

Un professeur vient de faire huit heures de route depuis Capbreton, pour rentrer chez lui. C’est la fin des vacances scolaires. Doucement il va retrouver son quotidien, sa routine, comme ça nous arrive à tous. Il venait de passer quinze jours loin de chez lui, quinze jours sans relever le courrier, et, au beau milieu des publicités et autres cartes postales, il y avait une lettre…
C’est avec cette lettre que tout commence. Tout nous est raconté, détaillé, expliqué. Une lettre suffisamment touchante et mystérieuse pour nous donner envie de tourner les pages. C’est le but, non?

 « C’est le propre du roman d’amener le lecteur à renoncer au sommeil. À se relever, sans faire de bruit, pour ne pas troubler celui ou celle qui dort à son côté. À descendre dans le salon, allumer les lumières et s’affaler dans le canapé, vaincu. La prose a gagné le combat. On ne peut plus lui résister. »
page 261

Le narrateur a dix-huit ans. Il part pour Paris. L’effervescence du changement, puis la déception qui suit. La solitude amicale, familiale, amoureuse qui se crée de jour en jour – jour après jour. La compétitivité qu’oblige ou requiert la prépa; la férocité et la dureté des mots, des actes, des silences même. Une première année de doute, mais de force aussi. Puis, il y aura la seconde année. Celle où il se fait à l’idée et celle où il va rencontrer Mathieu. Mathieu avec qui il fumera des cigarettes pour adoucir la solitude. Mathieu et la naissance possible d’une nouvelle amitié. Compagnons de couloirs, d’école. Avec qui il espérait former un Noyau , un duo… mais rien ne s’est passé comme il l’avait imaginé. Non, rien.

Jean-philippe Blondel nous conte une histoire acide sur le monde de la prépa, et sur la société qui l’entoure. L’auteur décrit un univers cruel avec une plume qui se veut parfois sublime. Il nous raconte le passé de ce jeune narrateur  en abordant les sujets de comment se font et/ou se défont, les relations – Comment on se cherche, on se perd, pour mieux se trouver peut-être ensuite – Comment on gère ce sentiment d’imposture qui parfois nous inonde – Comment nous avons besoin des uns et des autres pour grandir, évoluer, voire ne pas sombrer. Comment et par quoi, ou qui, on donne enfin du sens à nos vies. Ce texte, sous ses airs d’acidité, dégage quand même beaucoup d’amour (en tout cas c’est ce que j’ai ressenti). Sous cette mélancolie et cette solitude se dégage un texte qui se veut touchant, et qui amène forcément à une certaine réflexion.  Cette fameuse question du : et si?. « Et si, j’avais fait ça au lieu de ceci » « Et si j’avais dit ceci au lieu de cela. » Et si, et si…

On est loin du romantisme et de l’amour sur les toits de Paris. On est loin de tout ça, mais ce fut une bonne lecture, si je puis-dire. Le sujet est certes, un peu lourd, mais le pari est gagné puisque je n’ai pas lâché une seule seconde ce livre. Je regrette néanmoins la fin; j’aurais aimé avoir plus de détails sur ce qu’est devenu Paul Rialto (personnage que j’ai beaucoup aimé).
Maintenant, je vais essayer de ne plus faire la même erreur – oublier, par inadvertance, cet auteur, et enfin prendre le train de 06h41. On en reparle bientôt, donc. 

16/20

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  1. C’est un auteur que je n’ai jamais lu ; chose étonnante car je le connais! « Un hiver à Paris » me tente beaucoup (la couverture est vraiment magnifique!) mais je pense commencer avec un de ses romans plus léger. 🙂

    1. C’est toujours compliqué de lire quand on connait la personne.. je pense qu’on a davantage de « pression », enfin tu comprends le sens..
      Et oui, peut-être que tu devrais commencer par un roman plus léger, même si, celui-ci est de bonne qualité. 🙂

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