Un doux pardon ; Lori Nelson Spielman

_______________________________un doux pardon

Un doux pardon

Lori Nelson Spielman

Cherche Midi

Roman

435 pages

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« Hannah Farr est une personnalité en vue de La Nouvelle-Orléans. Animatrice télé, son émission quotidienne « The Hannah Farr Show » est suivie par des milliers de fans. Côté cœur, elle file depuis deux ans le parfait amour avec Michael Payne, le maire de la ville. Mais sa vie toute tracée va être bousculée par deux petites pierres…
Ces « pierres du Pardon » connaissent un immense succès aux États-Unis. Le concept est simple si vous avez quelque chose à vous faire pardonner, il suffit d’envoyer une lettre d’excuses à la personne que vous avez blessée, accompagnée de deux pierres. Si cette dernière accepte vos excuses, elle vous renvoie l’une des deux pierres.
Bien inoffensives à premières vue, celles-ci vont toutefois forcer Hannah à replonger dans son passé, celui-là même qu’elle avait soigneusement mis de côté depuis de nombreuses années, et toutes les certitudes de sa vie vont être balayées comme un château de cartes…
Est-il encore temps de changer le destin? »

Mon avis

J‘ai vu sur la blogo plusieurs chroniques qui abordaient ce livre là. Et, comment le dire mieux? Le cocktail : jolie couverture + concept de ces pierres du Pardon = parfait. Du coup, je n’ai pas hésité très très longtemps avant de me lancer dans cette lecture. Je n’ai pas mis longtemps pour me lancer dans cette lecture, certes, mais j’ai mis du temps à rentrer dans l’histoire! Disons qu’il m’a fallu une bonne centaine de pages. (Ce début de chronique frôle un cours de maths, plus qu’une chronique littéraire…)
Lori Nelson Spielman, dans ce roman, nous raconte l’histoire d’Hannah Farr, qui, des années après la réception de ces fameuses pierres, va, maladroitement, dirons-nous, voir sa vie partir en cacahuètes. En effet, Hannah à tout pour être heureuse ; elle est adulée à la télévision, elle forme un couple quasi parfait avec le maire de la ville – Michael Payne. Elle est ambitieuse, belle, et aspire à un futur encore plus merveilleux – un mariage, des enfants… Mais tout ceci n’est qu’apparence, et illusion. Ces petites pierres, et le concept créé par Fiona Knowles vont le lui prouver. 

« Les gens taisent leurs secrets pour deux raisons, me dit Dorothy. Pour se protéger, ou protéger les autres. C’est ce que dit Mme Knowles. »
p. 57


Dans ce roman, il y a de très bonnes choses. L’écriture déjà ; simple et efficace. Les sujets abordés, et la palette de personnages. Sauf qu’à mes yeux, derrière chaque point positif se cache un point négatif. Tout est, hélas, un peu trop convenu. Notre personnage principal est adorable, ou gentille – il est assez facile de s’attacher à elle, sauf qu’elle est aussi très naïve. C’est vrai qu’en tant que lectrice, lors de certaines scènes, j’avais envie de lui dire : « mais mince quoi, c’est quand même gros comme un bateau… voire, Immense comme le port de pêche de je-ne-sais-où. » Bon, personnage naïf, okey. J’accepte. Mais, il y a aussi une succession de clichés – je fais référence au monde de la télévision, par exemple – je n’y connais rien, c’est certain – , mais la jeune journaliste qui veut prendre la place d’Hannah – plus jeune, plus jolie, et ces patrons qui ne pensent qu’à l’audimat… Sans oublier, cet amoureux, politicien, avide de pouvoir ne pensant qu’à son image et son nombril. Et pour finir, le chevalier – homme idéal dans sa campagne avec son pick-up… ça fait beaucoup pour moi. Mais bon, il faut parfois passer outre et retenir les bonnes choses. Attardons-nous sur cela, justement : Hannah est naïve, oui, mais l’auteur a quand même su faire d’elle un personnage avec du relief, parce qu’en effet, on a affaire à ses faiblesses et à son côté plus sombre – il en est ainsi avec tous les autres personnages. C’est un excellent point. Grace à cela, et au concept de ces petites pierres, il est facile d’aller plus loin dans la lecture et dans la réflexion – étant obligatoirement plongé dans notre  propre vie, s’imaginant en recevoir ou en envoyer, puisque, soyons francs, qui n’a rien à se faire pardonner? Nous avons tous – à des degrés différents des choses que nous regrettons : des choses dites ou non-dites – des mots plus hauts que d’autres. Des gestes faits, ou non-faits. Nous avons tous blessés sans le vouloir, ou s’en rendre compte bien plus tard. Certains même ont blessé intentionnellement par ego. C’est donc intéressant de voir qu’on peut se repentir d’une erreur de cette manière là, avec poésie, avec une lettre et deux petites pierres. J’ai aussi beaucoup aimé le passage où Dorothy explique (je n’ai pas noté la page, du coup, je ne peux pas écrire les mots exacts! Je suis nulle !! ) qu’en nous, nous avons tous tout un tas de bougies qui brûlent ; et qu’à chaque bonne « action » une d’elle s’allume, d’autres s’éteignent, et certaines autres peuvent se rallumer… Maître de nos bougies, de nos actes, et de nos vies. J’adore l’idée.
Alors certes, l’histoire ne m’a pas surprise une seule seconde – à la 150eme page, je savais comment aller se terminer le roman, mais, on va jusqu’au bout. Après cette lecture, nous sommes obligés de réfléchir au pardon, aux sentiments que nous procure les erreurs, la honte, voire le mensonge. Qui nous sommes face à cela, et calculer aussi où nous en sommes dans nos petites bougies.


Le plus important peut-être : Est-ce que se faire pardonner, ou pardonner, est l’une des clefs au Bonheur?
Je vous pose la question.
(vous avez deux heures) .

Quand Hannah reçoit une certaine lettre – avec bonheur
« Je relis la lettre trois fois avant de la replacer dans l’enveloppe que je glisse dans le tiroir de ma commode. Puis je m’approche du calendrier et je compte la période raisonnable à respecter avant de lui répondre. »

p. 194
Et moi qui hurle au cliché, je vous donne cette citation là ! Ça frôle l’ironie ou la mauvaise foi, j’hésite.
 Mais c’est drôle non? Puis c’est vrai, non? 

En conclusion, le titre du roman est juste. C’est l’histoire du pardon. C’est une histoire douce.  Et je suis certaine qu’il pourrait plaire à beaucoup d’entre vous.
J’ai juste une tendance à chipoter pour pas grand chose, vous le savez, maintenant!

13/20

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  1. Peut-être est-il à l’image de « Demain est un autre jour », sympathique, presque addictif, bourré d’optimisme, mais terriblement cliché… Mais de temps en temps, pourquoi pas ! Une lecture pleine de simplicité et de naïveté, ça fait du bien !

      1. Peut-être qu’à force de lire des livres du genre on veut des choses moins cliché et une écriture un peu plus travaillée… Mais entre deux lectures plus intenses, ça peut toujours apporter un peu d’air frais !

  2. « Partir en cacahuètes »… mais dis-donc, ce ne serait pas une expression que j’utilise tout le temps ça ? Pas encore osé en chronique mais j’y songerai à l’avenir…

  3. Tu avais lu Demain est un autre jour ?
    C’est vrai que la couverture est magnifique, et le concept donne d’emblée envie de se plonger dans cette lecture. C’est vrai qu’il y a des clichés, il y a des défauts dans les personnages, mais je me suis prêtée au jeu, parce que je crois que c’est le deal, avec cette auteure. On sait que c’est un peu trop convenu, mais on sait aussi qu’elle nous surprendra en ajoutant un petit détail que l’on n’attendait pas… J’aime bien l’idée des bougies également 🙂
    Tu avais vraiment tout vu venir ? Même l’abus/non-abus ?
    Bon, je suis un peu déçue que tu n’aies pas plus aimé que ça, mais je comprends pourquoi 🙂 Bisous !

    1. Oui. Je trouve que le concept est vraiment très fort. Par contre non, je n’ai pas lu « Demain est un autre jour ». Je le devrais? Pour le côté abus/non abus, elle m’a surprise sur certains points – celui de la soeur, ou bien le fait que le fils soit RJ (mais là, j’ai trouvé ça gros). Puis l’histoire entre Dorothy et sa meilleure amie, je ne l’avais pas vu venir. Je parle davantage des grosses lignes. Après, ce n’est vraiment pas un mauvais livre. C’est juste qu’il y a ici et là des petits bémols. C’est aussi pour ça que je le conseille. 🙂
      Bisous bisous

      1. Eh bien, pas si tu crains d’être agacée par ce processus de personnages un peu stéréotypés et fin prévisible. Tout est clairement dit, mais pourtant, c’est un roman où l’on se sent bien. J’avais adoré, sans trop savoir pourquoi ! C’était une belle découverte pour un livre qu’on m’avait offert et qui ne m’attirait franchement pas ^^
        Ah, oui, moi aussi je suis tombée de haut en apprenant pour le fils. Même si c’est gros, au fond, j’ai bien aimé m’être fait berner 🙂
        Je comprends du coup ce que tu veux dire, et je suis d’accord avec toi 😉

        1. Oui, comme toi j’aime me faire berner ! 😀 je crois que c’est le cas pour la plupart d’entre nous. Je pense que j’essaierai quand même – j’imagine qu’il est en poche? (quand ma PAl sera assez vide) puisqu’il y a dans « un doux pardon » de bonnes choses, j’imagine que ce sera le cas dans « Demain.. » Je ne prends pas énormément de risques dans tous les cas. 😀
          Merci en tout cas pour ces commentaires.

  4. J’aime beaucoup les couvertures des livres de l’auteur, mais je ne suis pas tentée pour le moment, j’ai peur de tomber dans du clichés comme tu le cite et de ne pas extraire autre chose du roman. Pas pour le moment en tout cas.

  5. La couverture et le sujet sont en effet sympa mais, malgré toutes les chroniques positives que j’ai lues à son sujet, ce livre ne m’attire pas.
    Et ton avis me conforte dans mon impression qu’il n’est pas fait pour moi.

  6. Alors celui-ci, il me tente beaucoup depuis pas mal de temps déjà. Étrangement il me fait plus envie que « Demain est un autre jour ». Je prends note de ton avis, pour ce qui est du côté des clichés et des bémols que tu as pu ressentir.

  7. La première de couverture est très jolie et l’histoire a l’air aussi douce que le titre 🙂 Pour décompresser et ne pas se prendre la tête, ce roman devrait faire l’affaire, je le note.

    1. Je comprends d’autant plus !
      J’ai lu ta chronique, et je ne sais plus quoi faire, y’a de bons avis, d’autres moins bons… mais j’ai tellement de livres plus importants… ce sera peut-être « un jour », mais je n’en suis plus très sûre.
      Merci d’avoir lu malgré tout, et pour ton lien.
      Bibis

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