[Réception] Valence Rouzaud – Correspondances

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CORRESPONDANCES

 Valence Rouzaud

Editions Thierry Sajat

Poésie

68 pages

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J’ai eu la chance de recevoir un mail me demandant si je souhaitais recevoir cet ouvrage. Ne résistant ni à la poésie, ni aux poètes tout court, c’est avec grand plaisir que j’ai répondu positivement. Je remercie avant toute chose Valentin, et l’auteur, pour cet envoi, et le petit mot à l’intérieur.———C’est aussi l’occasion de revenir avec « Le jeudi, c’est poésie » même un vendredi (logique quand tu nous tiens), puisque je ne l’ai pas fait depuis au moins huit siècles. (rien que ça)

Mon avis

Je l’ai reçu il y a quelque temps déjà, mais comme le souligne Louis Delorme dans sa préface, il faut savoir savourer la poésie, et c’est ce que j’ai fait. Dans ces 68 pages, il y a tout pour me plaire. Je suis une amoureuse des lettres, vous le savez (je pourrais même en écrire aux personnes qui habitent à cinq minutes de chez moi). J’aime la poésie, les vers de Mirliton – à défaut du talent, et les jeux de mots, vous le savez aussi. J’avais donc hâte de rencontrer l’auteur à travers ses lignes, pour y découvrir son monde. Sachez que je me suis contrôlée pour écrire cette chronique normalement, et non sous forme de lettre. Avouez, c’était tentant, non?
J‘ai donc commencé par lire les feuilles photocopiées avec des extraits de « Mon âme est en ciseaux »,puis de « Rentier », suivi de correspondances. Ensuite, comme tout recueil, je me suis imprégnée de chaque texte, chaque poème, chaque correspondance, doucement… me laissant absorber par les mots, la musicalité, par le monde de l’auteur, et ce qu’il avait à dire ou à écrire – comme vous voulez.

Valence Rouzaud s’adresse, ici, à différente personne – et qu’importe si ces personnes n’en sont pas vraiment, il s’adresse à nous, lecteurs, sur des sujets différents mais qui, finalement, se retrouvent bien, et ce, sur plus de dix années (2000/2012). Des correspondances, des lettres, des poèmes… de la beauté, et une certaine nostalgie, aussi, ou amertume? Possible. Parce que c’est vrai, où sont les poètes aujourd’hui? Ou les plus connus (reconnus), disons? Souvent en musique, puisque les romans sont au premier plan, et puisque le plus grand poète vivant, à ce jour, pour moi, chante. Doit-on le regretter? Oui, et non. Qu’importe dans le fond, puisque d’autres s’obstinent, et ont raison. Rien que pour cela, ça fait du bien d’aller vers ce recueil ci. Ça fait du bien de retourner à la source et l’art premier des mots, oubliant Rimbaud, Baudelaire… ces grands noms que j’aime tant, et qu’il aime, assurément, puisqu’on les rencontre dans son texte, sans oublier Verlaine, bien sûr…  mais ces grands noms déjà si morts.  Ça fait du bien quand on vous rappelle que la poésie peut encore exister dans les livres, aujourd’hui. Même s’ils sont rares. Même si on a tendance à l’oublier. Ça fait du bien de savoir qu’il y a des esprits qui ont des choses à dire, et à écrire, pour se sentir rêver, puis vivre. Cette liberté, cette beauté, en rime ou en prose, qu’importe, encore. Et même s’ils sont très peu lu…  je le regrette, je crois.
Puisque Valence Rouzaud, sous ces 68 pages, nous amène à la réflexion. Moi, en tout cas. Des questions naissent, mais certaines réponses s’évaporent, aussi. Il s’y dégage une douceur par cet amour de la poésie, mais parfois même une certaine révolte. Une rébellion saine face au monde littéraire, et probablement télévisuel. Des lettres – un recueil écrit avec le cœur, ça c’est certain. Mais c’est le surtout le plus important, je crois. Alors comment terminer cette chronique autrement qu’en remerciant Valence Rouzaud de m’avoir remis les idées en place? Je ne sais pas. La poésie existe encore – et probablement toujours, ailleurs, partout, même dans les livres… et il serait bon qu’elle soit lue davantage, et surtout publiée davantage. Ou simplement, à nous de rouvrir les yeux et rêver encore un peu. Alors, merci. 

« Vous êtes un inconnu, un sans-grade, et alors ! …
Vous aimez les mots et les fleurs et puis par l’émotion dégoupillée vous possédez les clés de la vie intérieure.
La nuit tombée je relirai vos écrits, pour moi ce soir au menu le souper des fées. »
À Serge, 14 janvier 2011

Je conseille cet ouvrage à qui aime la poésie, ou à qui aurait envie de se rabibocher avec elle.
Ou encore, d’écrire des lettres, encore et encore.
Et n’oubliez pas :
« Le génie c’est d’être soi et tout à la fois »

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ps : je m’excuse pour la couverture bancale – c’est une photo (loupée)
Et de presque m’éparpiller dans cette chronique.

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  1. Excuses non acceptées car pas besoin d’en faire : très joli billet au contraire ! Moi qui ai depuis longtemps perdu de vue la poésie, tu me redonnes envie d’en lire à travers ses lettres!
    C’est un très bel hommage.

  2. C’est vrai qu’actuellement la poésie ne semble plus être dans l’air du temps.. C’est bien dommage. Et je reconnais que les journalistes ont du mal à en parler.. Les médias culturels qui sont les principaux intéressés rencontrent pas mal de difficultés pour survivre et écrivent sur des sujets très peu éclectiques. Moi qui voulais me spécialiser dans le journalisme culturel, je finis pas me dire qu’il va falloir aller voir ailleurs, ou alors donner un gros coup de pied dans tout ça (mais là c’est encore une autre paire de manches ^^)

    1. Elle n’est plus dans l’air du temps, et pourtant elle est partout, et on la cherche autant. Mais je pense que son statut fait un peu « peur ».
      Après, je ne suis pas apte à parler du journalisme, puisque je ne suis pas calée sur le sujet, donc je te fais entièrement confiance. Néanmoins, je ne pense pas qu’il faille aller ailleurs, si tu te sens bien dans ce domaine, il faut peut-être des gens comme toi pour mettre un coup de pied dans tout ça (comme tu dis), et faire changer plus ou moins les choses, non? Mais comment? Ah bah je ne sais pas (je suis d’une aide incroyable, aha) !

  3. Oh oh oh tiens je crois que je vais me remettre à la poésie, ce que tu dis sur ce recueil me donne très envie de me plonger dans cette lecture, de savourer moi aussi les mots et leur musicalité =)
    Il est vrai qu’on ne parle pas beaucoup de poésie, qu’on n’en lis peu et que le cliché qui veut qu’elle soit obscure pour l’esprit persiste, mais merci de nous montrer qu’elle peut être accessible !

    1. Je suis d’accord avec toi, mais je pense aussi qu’avec ces poètes plus « obscures », il est bon d’en lire pour essayer d’y trouver ce qu’on veut bien y trouver. Se laisser emporter par son imaginaire et laisser son interprétation travailler, en quelques sortes. Ou simplement savourer les mots. Quoi qu’il en soit, je suis contente de réussir à redonner le goût ou l’envie. N’hésite surtout pas avec celui-ci. 🙂

      1. Exactement, on pense souvent à tord qu’on ne comprendra pas, mais finalement on y voit ce que l’on veut, les mots prenne un sens pour nous, et peut être différent pour un autre, mais c’est aussi cela la magie de la littérature =)

        1. La magie de la littérature, c’est exactement cela. 😀 Je suis certaine que dans les poèmes que j’aime vraiment, certains ont un sens pour moi à l’opposé de celui de l’auteur à la base.

          1. Oui et c’est ce qui rend la littérature et l’art en général mystérieux et j’irais même jusqu’à dire mystique, dans le sens où un mot, une phrase, évoque à chacun suivant sa vie, quelque chose de différent. Rendre publique son œuvre, c’est s’exposer à des compréhensions divers et variées =)

          2. Exactement, d’une certaine manière l’oeuvre ne nous (l’auteur) appartient « plus », sorte de bouteille à la mer, où chacun y lit ce qu’il a envie.

  4. Heureusement que mes blogs comme le tient existent pour  »promouvoir » de tels ouvrages car on n’en entend pas parler. Lire un recueil est enrichissant, mais comme tu le dis, il faut prendre son temps et s’imprégner de chaque poème, le laisser infuser…
    Ta chronique est très belle et les questions soulevées interessantes. C’est vrai que l’on pourrait se demander pourquoi le roman a une place si prépondérante dans la littérature au détriment de la poésie et du théâtre. Peut-être parce que le roman est  »accessible » à plus de monde. Mais c’est ça qui est bien dans la poésie, c’est ce des fois, on se perd dans les mots, on n’est pas sur de tout comprendre, mais on avance sans se poser de questions en se délectant simplement des mots, et non pas de leur signification. C’est comme un voyage…
    Mais effectivement, on peut trouver de la poésie un peu partout, à nous d’ouvrir les yeux.
    Merci pour ce billet !

    1. Je suis contente quand mes articles trouvent écho. Après, il faut surtout remercier l’auteur pour me l’avoir envoyé. Tout lui revient 🙂
      Quoi qu’il en soit, je ne vais pas répéter, tu as dit tout ce qu’il y avait à dire. 😀
      Merci à toi pour ce commentaire !

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