Quarante tentatives pour trouver l’homme de sa vie ; Rachel Corenblit

rachel

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Quarante tentatives pour trouver l’homme de sa vie

Rachel Corenblit

La brune au Rouergue

Roman

190 pages

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Livre Mai ; challenge 2015

« Je suis seule.
Tu es seul
Nous sommes seuls…
Lucie est prête à tout pour trouver l’homme de sa vie, dans toutes les situations. Au supermarché. À la piscine. Chez le médecin. Sur internet. Dans les bars très tard. À un atelier de pratiques culturelles.
Avec l’ex de sa meilleure amie. Avec un père de famille en sortie scolaire.
Avec le vieux copain perdu de vue.
Maniant l’humour féroce, Rachel Corenblit revisite les lieux communs sur la solitude contemporaine et les rapports hommes/femmes. On rit, on pleure, dans ce roman qui n’est pas un roman d’amour… mais qui se termine (presque) en conte de fée! »

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Mon avis

J’ai acheté ce livre pour sa couverture que je trouve très  »douce », et printanière. Le titre quant à lui est très accrocheur, bien qu’assez long. Vous pensez que j’espérais trouver une réponse? bon, d’accord, un petit peu. Par contre, je n’avais pas lu la quatrième avant de l’écrire ici, et c’est tout ce que je n’aime pas, on sait presque tout, ou trop !!

Lucie, institutrice, a quitté Pascal il y a trois ans maintenant; elle en était venue à détester chez lui tout ce qu’elle aimait au départ. C’est souvent comme ça, il parait.
Tout commence lors d’un speed-dating où Lucie nous raconte ses rencontres, brèves, et ses observations. Celui qui. L’auteur nous dresse à travers son personnage le portrait de différents hommes; du plus timide, un peu mal à l’aise, au plus égocentrique, en passant par celui qui ne lâche pas son téléphone, celui qui mâche du chewing-gum ou encore celui qui a (comme nous tous, ou moi en tout cas) des tics de langage, « quoi« . L’auteur nous raconte la vie de cette femme en quête d’amour, espérant enfin trouver l’homme de sa vie, à travers de cruelles (ou presque) exigences, et observations. Cette homme, elle va le chercher partout; lors d’un mariage, dans le bus, à la piscine, chez le médecin, au marché. En écrivant des lettres à des agriculteurs télévisuels, en s’inscrivant sur internet, partout, comme je le disais. 

« Évidemment tu vas répondre. Le téléphone va sonner, tu vas hésiter un peu parce que c’est un plan manigancé par ta mère et tu vas te dire, on n’est pas en plein dix-neuvième siècle, avec des mariages arrangés et des chapeaux et tout le tralala. Tu vas penser que tu peux te débrouiller toute seule, que tu n’as pas besoin de moi pour te trouver un homme mais c’est faux. Tu ne sais plus comment faire. Tu as perdu les codes, Lucie. Ton mode d’emploi est daté, périmé, fichu. Alors quand Yann Bello va appeler, qu’il va faire l’effort de te contacter, tu vas décrocher et tu vas lui laisser une chance. Une dernière chance. Avant de finir bonne soeur »
p.170
(Ce passage m’a fait rire.)

Alors oui, l’homme de sa vie peut être n’importe où; dans ces petits moments du quotidien. Je dois avouer qu’il m’a été impossible de m’attacher à ce personnage, entre narration extérieur, et ce « Je », une distance s’est installée entre ces 200 pages et moi. Mais ce n’est pas important. Pourquoi? Parce qu’à mon sens, l’auteur dresse principalement le portrait de notre société moderne; écrivant noir sur blanc ce qu’est la solitude aujourd’hui, et comment on essaie de la déloger – tant bien que mal. Sorte de photographie de ce que nous sommes, tous, plus ou moins. Ce que nous avons été, ce que nous serons. Seuls, littéralement. Seuls, même accompagnés- qu’on parte ou qu’on reste. Seuls, possible, mais jusqu’à quand? Pour moi le thème était très intéressant puisqu’il s’agit, là, d’un mal très contemporain, et chaque angle peut être bon à ‘étudier‘ (ce n’est pas totalement le mot qu’il faut, mais je ne sais comment le dire autrement). Je dirais que j’ai aimé les 3/4 de ce livre, il y a de très bonnes chose. De l’auto dérision? Il y en a. De la férocité? Il y en a. De l’humour? Ça dépend, et pourtant je suis bon public. Mais, j’ai trouvé tout ceci parfois inégal. J’aurais aimé que tout ceci soit certes, esquissé comme ce fut le cas, mais bien plus approfondi. Ceci étant dit, il y a de très jolis passages: c’est bien écrit, souvent juste, et intelligent. 

« Celle qui regarde la télé. Toutes les émissions et pleure quand les gens s’aiment et pleure quand les gens se déchirent et pleure sur la cruauté et pleure devant l’amitié, et tout cet épandage d’émotion la rassure sur sa faculté à éprouver encore des sentiments.
[…]
Celle qui aime un homme mais il est marié, homo, perdu, incertain, en voyage d’affaires, sur la Lune, en apesanteur. Qui se sépare de lui. Qui le retrouve un mois, un an, un siècle après et recommence. À l’attendre. »
p187

L‘auteur termine le livre avec son quarantième chapitre : l’amour, en particulier. Celle qui. Rachel Corenblit ne pouvait pas conclure mieux son roman. Conclure par une note d’espoir. De rêve. De positif, de souffle, et ça fait du bien. Je vous laisse la possibilité de le découvrir. 

15/20

Au passage, cette maison d’édition est probablement l’une de mes favorites

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  1. Moi aussi j’adore la couverture. 🙂 Je note le titre, je te suis les yeux fermés. (j’ai fini Le sourire des femmes, j’ai beaucoup aimé !).

    Le thème de celui-ci m’inspire. J’ai envie de lire des histoires romantiques et des réflexions sur l’amour ces temps-ci.

    1. N’est-ce pas?
      Ah, c’est le genre de commentaire qui me rend joyeuse pour toute la journée !! Je suis contente si tu l’as aimé.
      Par contre, celui ci, n’est pas vraiment « romantique », ni déborde de joie, mais réflexions sur l’amour, disons oui.

        1. En effet, je l’ai lu.
          Non non, il n’est pas trop triste, mais l’amour et la solitude n’est pas synonyme de grande joie ! aha
          Je te souhaite une jolie lecture si tu le tentes, on en reparlera 😉

  2. Un sujet effectivement très intéressant mais je reste mitigée et ce n’est pas le genre de livre qui m’attire. Même si les passages sont assez drôles ! Sinon, je connais cette maison d’édition et j’aime beaucoup.

    1. Pour dire vrai, peu de passages m’ont fait rire, alors que la quatrième sous-entend : souvent.
      Je comprends que ce ne soit pas le genre de livre qui t’attire, et ne peux pas te le reprocher 🙂

  3. En lisant le titre, je n’aurais jamais cru que ce livre pourrait être aussi intéressant que ça. Ce portrait de la société a l’air très juste. Dommage pour le personnage principal…
    Je note ce roman dans un coin de ma tête !
    Ps: oui, j’ai un tic de langage (que j’essaie de réprimer) .Pour être franche,je ne m’en étais jamais rendu compte avant qu’on me le fasse remarqué !

    1. Je crois que c’est souvent comme ça, pour les tics de langage, moi non plus je ne m’en étais pas rendu compte… puis quand on arrive à en supprimer un, un autre débarque !
      Je crois que ce n’est pas important, le non attachement au personnage, elle sert juste à traiter le propos, enfin je crois… après, ce n’est que mon interprétation .

  4. Tres belle couverture effectivement. L’histoire a l’air assez drole et legere, tout en traitant d’un theme qui l’est beaucoup moins. A priori pas trop mon style, mais ne jamais dire jamais 🙂

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