Malgré elle ; David-James Kennedy

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Malgré Elle

David-James Kennedy

Fleuvenoir

Roman

567 Pages

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__« Paris, 1989. Au très chic lycée Henri-IV, les réputations se font et se défont. La magnétique Emma n’a pas conscience du pouvoir d’attraction qu’elle exerce sur les garçons. Yann, Arno, Manu… La liste de ses prétendants est longue. Mais c’est en Tom, ado solitaire fou de sensation fortes, qu’elle a trouvé un alter ego. Lui qui la connait si bien.
Un drame va survenir et assombrir le tableau de cette adolescence parfaite.
Paris, 2015. Les chemins se sont séparés. Tom est resté ce casse-cou qui faisait tomber les filles, profitant de la revente de sa boîte pour se laisser le temps de vivre. Jusqu’à ce jour où Lukowski, ancien d’Henri IV envers lequel Tom se sent redevable, laisse deux messages désespérés, l’implorant de le retrouver.
Une fois sur place, il découvre la dépouille de son vieux camarade, flottant entre les rochers d’une lointaine côte suédoise. À l’intérieur de la maison voisine, un ordinateur portable et, sur écran, un défilé de photos accompagnées d’un mail menaçant. Emma ado, Emma adulte, Emma partout, sur chaque prise de vue. Qu’est devenue sa meilleure amie? Qui était-elle réellement? Pour qui et pour quoi devraient-ils tous payer après vingt-six ans? »

Qu’est-ce que j’en ai pensé, alors?

Vous le savez, je ne suis pas une experte Thriller, ceci doit être mon deuxième ou troisième du Genre. Alors… ne prenez pas tout pour argent comptant (ceci est une expression de comptable, et non, je n’ai rien contre les comptables, hein..)

Première question : est-il addictif? Absolument.
Seconde question : est-il convaincant?
 Ça se discute.

« Ses cheveux battaient au vent. Devant l’attraction du vide, il pensa à sa courte vie – seize ans – et aux événements marquant qui l’avaient mené jusque là. »

Je me suis dirigée vers ce livre avec l’envie de sortir de ma zone de confort, sans pour autant tomber dans le thriller complètement zinzin et sanglant (flipette, un jour, flipette, toujours. Ps : coucou Chattam.). Sur ce point, c’est une mission réussie. Mais alors, pourquoi ce sentiment mi figue mi ananas?
Les personnages d’abord ; ils sont, à mon sens, assez bien travaillés, même si Emma est un peu caricaturale au départ… Vous la connaissez cette jeune fille très belle, très Très. Idolâtrée, et non consciente de la chose? Marion, la meilleure amie qui s’habille pareil, prend ses mimiques, ses gestes, s’inspire, un peu effacée aussi, un peu jalouse parfois? Puis, Tom; le casse-cou, beau, un peu inaccessible. L’alter ego. Ils s’aiment mais ne se l’avouent pas… Young adult, vous dites? (comment ça, je suis un peu sévère là!).

« « …le passé me rattrape, Tom… un truc irréel… je ne peux plus rien faire pour… » Le souffle du vent couvrait tout, il y eut un cri et la communication fut coupée. »

Vous voulez un livre à tendance cinématographique? Dévorer chaque page les unes après les autres. Dire à Morphée d’aller voir ailleurs si vous y êtes puisque vous avez rendez-vous avec un chapitre, puis un autre, puis encore un autre? Alors, foncez!
Malgré Elle, cinématographique, je le disais. Les images se suivent et se succèdent. Le rythme est intense grâce aux chapitres (répétition) courts et concis. Peu de temps pour la respiration. Les personnages voguent de ville en ville, de pays en pays, pour faire voyager avec eux le lecteur à la quête du dénouement final (dois-je mettre une virgule dans cette phrase?)
Oui, la construction du livre basée sur de perpétuels retours en arrière, et de non-réponses, permettent d’atteindre ce suspense qu’on chérit tant dans les Thriller. Passé. Présent. Est-ce un procédé original pour autant? Je ne pense pas. Est-ce un procédé efficace? Of corz my dear ! Le style littéraire, entre nous, je n’y ai pas prêté plus attention que cela, puisque ce n’est pas ce que l’on attend en premier dudit roman. Pour dire vrai, il m’est assez compliqué de chroniquer cette histoire, puisque parler du fond sans tuer l’intrigue, frôle le périlleux. D’autant qu’entre-nous la quatrième en dit déjà beaucoup. Alors, l’auteur a-t-il su me surprendre? Assurément. J’ai imaginé X scénarios. X hypothèses X coupables. Nous sommes manipulés. De rebondissements en rebondissements. De meurtre en meurtre. Et oui, je me suis plantée en beauté! Kennedy I, Elo 0.  Mais justement, c’est cette fin qui me pose problème. J’ai fermé ce livre avec un sentiment de déception. Ce dénouement scientifique un peu surfait, même si David-James Kennedy s’est donné du mal pour en donner un goût d’une plus grande crédibilité – au fil des pages, grâce à de nombreux « articles ». Ça m’a fait un peu comme l’effet d’un soufflé. J’aurais pu y croire, mais, mais… ça n’a pas fonctionné. Il m’aurait fallu plus. Sans oublier, certains faits et traits du récit qui n’ont pas été suffisamment exploités à mon humble avis : l’absence du père d’Emma abordé sans jamais l’être vraiment, le dénouement pour nos deux protagonistes aussi léger que peu abordé (et ça, ça me frustre!!!!) , et ce cliché absurde du psychiatre pour atteindre une facilité de manipulation (même moi je l’ai vu venir…c’est dire). Il m’en aurait fallu un peu plus pour être absolument enthousiaste. C’est dommage, ça ne s’est joué qu’à très peu de chose, pourtant.

« Mais ce matin, l’impression que la page s’était tournée l’avait accueillit dès son réveil. Emma ne s’était plus sentie aussi libre depuis bien longtemps »

Conclusion : si vous aimez les romans cinématographiques. Si vous aimez vous faire manipuler. Si vous avez envie de voyager avec Tom et Emma, et connaitre la raison de tous ces meurtres, allez-y.  Je suis certaine que vous passerez un bon moment de lecture, mais ne soyez pas trop exigeants fan de Polar/Thriller. 

★★(★)

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  1. Yeah contente de te relire (enfin !) tu commences fort avec un thriller en plus ! J’avoue que ce n’est pas mon genre de prédilection ! D’ailleurs j’ai regardé, j’en ai lu 7 depuis l’ouverture du blog (Il y a 2 ans) . Mais du coup j’aime à chaque fois ! Car je suis bon public et une grande naïve ! Alors il y a de fortes chances que ce roman que tu nous décris me plaise beaucoup hihi ! Je vais me le noter de ce pas ! Sait-on jamais ! Peut-être que le père noël me l’apportera !

    1. Et merci d’être là ! Je suis comme toi au niveau de ce genre… même si tu fais mieux, quand je dis un ou deux, c’est vraiment un ou deux !
      J’espère que le papa noel sera généreux alors… même si, d’ici là, la liste peut s’allonger 😀

  2. Plaisir de te retrouver 🙂
    Moi qui ne suis pas du tout thriller, je vais clairement passer mon tour sur celui-ci. Les personnages m’ont l’air bien trop surfaits… Si en plus la fin est décevante alors là tu as fini de me convaincre de passer à côté.

  3. Trop contente de te retrouver ! et surtout ta jolie prose ! la bonne nouvelle de la semaine 🙂
    J’aime beaucoup ton clin d’œil au YA car j’y ai de suite pensé. J’aime bien lire des thrillers, mais je préfère les bons vieux policiers ou polars (détective ou flic). Mais de temps, un livre bien prenant, j’aime !! Je pense à l’un d’eux, dévoré l’an dernier (zut le titre m’échappe).
    En attendant, j’avais eu raison de te garder dans ma blogroll 😉

    1. Et moi, je suis ravie que tu sois encore par ici ! Je connais ton amour pour les policiers polars, mais c’est vrai qu’un livre prenant, cinématographique, « simple », ça ne fait pas de mal. Après, je ne suis pas certaine que tu apprécies celui-ci, vraiment, j’en doute. 🙂

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