[Lecture Commune] Nymphéas Noirs ; Michel Bussi

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Nymphéas Noirs

Michel Bussi

Pocket

Roman

493 pages

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« Le jour paraît sur Giverny.
Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars des touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéa, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au coeur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, où chacun est une énigme, où chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé… »

Mon avis

Il y a quelque temps déjà – avant même d’officialiser notre partenariat, ma copinaute Carnet Parisien et moi-même, avions envie d’une lecture commune, le choix s’est donc porté vers celui-ci, Nymphéas Noirs. Pourquoi? Pour quatre bonnes raisons messieurs dames : 1– Ma partenaire l’avait dans sa PAL. 2– Parce que j’avais lu plusieurs chroniques élogieuses dont celle de Bénédicte3– Puisque je n’avais jamais lu Bussi. 4– Parce que Monet… surtout Monet. Les choses se sont donc faites naturellement, vous vous en doutez bien. ___Je tiens à le préciser de suite, cette chronique risque d’être longue, immensément longue, et sans spoiler (on va essayer)* 

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Fuckyeahimpressionism Tumblr

« Non! Non! Pas de noir pour Monet voyons !
Le noir n’est pas une couleur!  »
Georges Clémenceau

Lorsque nous ouvrons ce roman, nous faisons face à trois pages où l’on nous décrit trois femmes : Fanette, une petite fille de onze ans, pleine de vie, douée pour la peinture. La deuxième, Stéphanie Dupain, une sublime institutrice de trente-six ans qui cherche l’amour, et s’intéresse beaucoup aux artistes. Puis, il y a cette vieille femme de quatre-vingts ans, veuve, souvent méchante, qui possède un joli tableau et qui sera notre presque narratrice. C’est un roman, jusque là, construit d’une manière relativement simple ; nous avons deux tableaux : Impressions et Expositions. Et à chaque tableau, des jours. L’histoire nous propulse donc dans les années 2010. Tout commence le 13 mai précisément, à Giverny – ce fameux village où la maison de Claude Monet est. Nous venons de faire la connaissance de notre narratrice, puis, nous la suivons lors de sa promenade matinale, accompagnée de son chien Neptune, dans les sublimes paysages Givernois…Sauf, parce qu’il faut bien un sauf, dès les pages suivantes, nous nous trouvons face à un meurtre, celui de Jérôme Morval, mort dans le ru de l’Epte.

Ce livre a reçu cinq prix littéraires en 2011 (Prix polar méditerranéen, prix Polar Michel Lebrun de la 25°heure du Livre du Mans, prix des lecteurs du Festival Polar de Cognac, Grand Prix Gustave Flaubert, prix Goutte de Sang d’encre de Vienne), et j’arrive totalement à comprendre pourquoi. Ceci étant dit, vous n’êtes pas sans le savoir, je ne suis pas une grande adepte du Policier, si j’en ai lu cinq dans ma vie, c’est bien le maximum (tout se compte par cinq dans cette chronique). Par chance, l’auteur a une manière d’écrire qui a très bien fonctionné sur moi, un style à la fois agréable et soigné. Mais, c’est aussi grâce à son duo d’enquêteurs, Laurenç Sérénac et Sylvio Bénavides (qui m’a totalement enthousiasmé – il faut bien le dire) qu’il a été facile pour moi de rentrer dans l’histoire. 
Malgré cela, au fil de ma lecture, des bémols se sont accumulés. En effet, les cent premières pages sont mystérieuses – on ne comprend pas où l’auteur veut en venir, nous baladant d’un côté, puis de l’autre, d’un personnage, à l’autre… Heureusement, il y avait la peinture et l’univers de Monet pour me tenir en haleine. Ensuite, une certaine évolution se crée, et là, je n’ai plus lâcher le roman, prenant un peu trop d’avance sur notre lecture commune (pardon ♥) – et malgré le fait que je sois morte de fatigue (blague peut-être de mauvais goût puisqu’il s’agit d’un polar) Lire, ou dormir, il faut choisir! Et Bussi m’y a aidé… J’ai lu ! Revenons-en à nos bémols, puisque j’en étais là, le duo d’enquêteurs est certes fort, mais Sérénac que je trouvais fort charmant à la base, m’a vite enquiquiné puisque j’avais du mal avec certains de ses agissements – ou mode de fonctionnement, comme vous préférez – envers Stéphanie notamment (non, vous ne saurez rien de plus). Sans oublier, une certaine romance, triangle, passion, qui m’a dérangé, et ne m’a en aucun cas convaincu. Bien, bien, bien…. (ne vous arrêtez surtout pas là) 

« – Savez vous ce que Lautrec disait de Monet?
– Je vais vous décevoir, mais je vous avoue que je ne savais même pas qu’ils se connaissaient.
– Si! Mais Lautrec traitait les impressionnistes de brutes. Il qualifia même Claude Monet de con, oui, il a employé ce mot-là, « con », parce qu’il gâchait son immense talent à peindre des paysages plutôt que des êtres humains !
-Encore heureux que Lautrec soit mort avant de voir Monet se transformer en ermite et ne plus peindre que des nénuphars pendant trente ans… »
p.64

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La peinture, comme je vous le disais, est un atout. Point fort dans ce polar. De par mon article Impressionnisme**, vous avez plus ou moins compris mon amour pour ce mouvement là, et manque d’originalité absolu, envers Monet particulièrement. Pour l’anecdote (je ne suis pas à un racontage de vie près), je suis le genre de fille pour qui les larmes montent aux pupilles lorsque je me retrouve pour la première fois face aux Nymphéas dans un musée! Claude Monet était mon unique raison pour me lancer dans cette lecture – à la base, et Bussi signe des pages sublimes sur la peinture, sur cet impressionniste, son univers – ses amis, ses jardins et Giverny. J’ai appris certaines choses, anecdotes, et faits, me laissant nourrir de cela… il dit, au début du roman : « Dans les pages qui suivent, les descriptions de Giverny se veulent les plus exactes possible. […] Il en est de même pour les lieux voisins. […] Les informations sur Claude Monet sont authentiques, qu’elles concernent sa vie, ses oeuvres ou ses héritiers. C’est aussi le cas pour celles qui évoquent d’autres peintres impressionnistes, notamment Theodore Robinson ou Eugène Murer. Les vols d’oeuvres d’art évoqués sont des faits divers réels… Tout le reste, je l’ai imaginé. »  Sans cette partie de l’histoire, je ne serais peut-être pas allée au bout de ma lecture aussi aisément. C’est fort possible.
Dans ce livre nous avons la peinture, les bases du polar, et il n’y a pas à dire, Bussi a un talent incroyable pour l’intrigue et sa construction; même si la liste des suspects se réduit petit à petit, et qu’un nom finit par se démarquer des autres, le doute persiste jusqu’au bout. Quant à cette fin, ce bouquet final, ce fut totalement inattendu. Où quand le passé et le présent se superposent. Où la réalité et les fantômes se confondent. Il a réussi le tour de magie en faisant en sorte que mes points faibles deviennent les uns après les autres des points forts ! (sauf la romance, peut-être) J’ai refermé ce Nymphéas noirs en me disant qu’il avait quand même réussi une jolie petite merveille. Oui, je suis très enthousiaste, énormément, même si je ne crois pas en sortir plus adepte du polar – on ne me refera pas.  La fin est inattendue, le drame très présent, me laissant presque triste… même si… 

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En conclusion, ce fut une très très bonne lecture. Un peu compliquée au début, mais tout s’est arrangé par la suite. Monet, l’enquête, Bussi. Un cocktail qui fonctionne très bien. C’est un roman que je conseille aux adeptes de polars, à ceux qui aiment la peinture, et même au non-initiés comme moi… C’est une grande réussite!

* ai-je réussi?
**Article Impressionnisme
La chronique enthousiasmée de Carnet Parisien.

17/20

Ps :plus d’une fois je me suis dit que ce roman – très « cinématographique » serait parfait – esthétiquement – pour en faire une série à la Broadchurch, avec un Alec Hardy en inspecteur ! non?

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  1. Ben dis donc, je ne savais pas qu’il avait reçu autant de prix, ce livre !! Ne t’excuse pas ! C’est moi qui ai été super longue 🙁 On en a déjà discuté, c’est vrai que le triangle amoureux est un peu express et pas des plus indispensables (on n’en comprend l’intérêt qu’à la fin), et c’est un peu cliché… C’est vrai que la fin est totalement enthousiasmante, et c’est à ce moment-là qu’on se dit « Mais quel génie ce Bussi ! » L’aspect peinture m’a beaucoup moins séduite que toi, c’est parce que je n’aime pas l’art, que je n’y comprends rien, que je suis incapable d’admirer une toile… enfin, c’est un peu faux, j’ai mes petites préférences quand je vais au Louvre, mais c’est totalement subjectif et je n’ai pas du tout l’oeil pour reconnaître un chef d’oeuvre quand j’en vois un !
    Bref, merci de m’avoir accompagnée dans cette lecture <3

    1. Je viens de rajouter le lien de ton article, et je vais la lire de suite, parce que je n’étais pas chez moi de la journée. Toutes mes confuses.
      Ensuite je comprends pour l’aspect peinture, après, comme toi, je ne me sens pas experte en Art, et j’ai simplement mes mouvements favoris, ou mes peintres favoris, bien souvent, je peux aussi rester de marbre devant un « chef d’oeuvre ».
      Merci à toi pour cette lecture 🙂 ♥

  2. J’essaie de lire plus de polars depuis cette année, et j’y prends goût. D’ailleurs, si tu as un peu de mal avec le style mais que tu aimes ça quand même, je te conseille vraiment Derrière La Haine de Barbara Abel. J’ai adoré !

    Concernant celui-là, l’histoire me donne envie. Je suis aussi une grande fan de peinture, donc pourquoi pas. A vrai dire je ne m’y étais pas du tout intéressée jusqu’à maintenant même si je le voyais partout, parce que je ne trouvais la couverture pas belle du tout ! (futilité bonjour…)

    Ah, et à quand une lecture commune entre nous, puisque je vois que nous avons souvent le même avis sur les livres ! 😉

    1. Et bien écoute, je vais suivre ton conseil et tenter ce livre ! Merci beaucoup pour l’idée ! 😀
      Ensuite fonce pour celui-ci, ne t’arrête pas à la couverture 🙂
      Pour finir, pour la LC ce sera avec plaisir, n’hésite pas à me contacter par mail, on s’arrangera tout ça 😀

  3. Long billet mais très enthousiaste ! C’est amusant car avec mon billet sur Sacré Bleu de Moore, nous étions toutes plongées dans l’univers des impressionnistes ! Je n’aurais jamais eu envie de lire ce livre de Bussi si je n’avais pas lu ta chronique ! Le fait qu’il s’agisse d’une enquête chez Monet.. Bon je vois que tu as un ou deux bémols, mais sinon j’ai envie de le lire ! Je le note 😉 (j’adore ta dernière photo). Sinon, Monet.. mais Pissaro ! Pissaroooooo

    1. Aha. Oui, quand j’ai lu ta chronique je me suis dit que ça tombait bien, et le tien est vraiment dans le début de ma WL. Même si, pour l’instant, niveau « peinture » – qu’importe le genre littéraire, aucun ne surpasse « Les singuliers ».
      La fin de celui-ci est vraiment inattendue, mais tu es une « pro » de ce genre là, pour moi, alors hélas, je ne sais pas quoi te dire, j’ai un peu peur de te décevoir…. essaie? Mais je ne sais pas (la fille qui ne prend aucun risque).
      Tu as vu, cette photo je l’adore, je ne pouvais pas ne pas la mettre ! Elle traîne dans mon ordi depuis mille ans !!
      Monet, oui, Monet… Pissaro, aussi ! Bien sûr ! Mais Monet !

  4. Les raisons qui vont me faire succomber à ce roman :
    1. J’aime de tout mon coeur l’impressionnisme ! et particulièrement Monet.
    2. J’aime les polars, et l’hiver arrivant, je les aime encore plus
    3. Ta chronique donne super envie !
    4. Ca me donnera l’occasion de découvrir un nouvel auteur .
    Je m’arrête là, ou je continue ?
    J’aime beaucoup la dernière photo, par ailleurs !

    1. Je ne sais pas si je vais retenter l’aventure, je ne suis vraiment pas polar… comme je le disais, Monet joue beaucoup, mais bon, qui sait…
      Je te souhaite d’ores et déjà une jolie lecture (pour Maman a tort)

  5. Comme je te comprends pour Sérénac (je lui ai laaargement préféré son adjoint, plus posé et plus sympathique même s’il en faut pour tous les goûts).
    Sinon je suis forcément très très contente que tu aies aimé. J’ai moi aussi ressenti certains bémols, mais le final est tellement imprévisible. Et Michel Bussi s’en sort très bien à parler peinture !

    1. Ton commentaire est parfait… enfin il va surtout dans mon sens aha. Ah mais totalement, Sérénac partait super bien, puis au final…. après, les deux ensemble sont « rigolos ».
      Le final fait TOUT ! Je ne l’ai pas vu venir, puis c’est vrai qu’en peinture, on sent qu’il a beaucoup travaillé Michel Bussi! C’est top.

      1. Ouiii. Par contre tu as vu comme il est difficile d’en faire un résumé sans spoiler ni donner le moindre indice sur le final… haha. Je m’étais bien creusée la tête au moment d’écrire mon billet. ^^
        Oui c’est sûr, j’ai trouvé qu’il manquait de conscience professionnelle. Après le duo est plutôt intéressant.
        Tu n’as pas trouvé un petit détail qui clochait au niveau de l’intrigue ? (pour le champ et la peinture si tu vois à quel moment je fais allusion) !!!

        1. Oui, j’ai moi aussi un peu galéré, c’est peut-être pour ça que ma chronique est un peu plus axée sur la peinture, j’avais trop peur de spoiler aha.
          Exactement, la non-conscience pro m’a laissé dubitative ! Je trouve que le « coup de foudre » est assez mal amené en plus.. moyen crédible.
          Si, si, si! Je suis totalement d’accord (encore fois); le passage « James » m’a dérangé…. pour moi il manquait certaines choses (si là encore tu vois ce que je veux dire… puis, j’étais vraiment trop déçue… :()

  6. J’avais adoré Un avion sans elle. J’étais tellement prise par l’histoire que j’ai du dévorer le livre en deux-trois jours. Depuis, je me dis qu’il faut absolument que je relise du Michel Bussi. Nymphéas Noirs m’attend d’ailleurs patiemment sur les étagères de ma maman. Mais je sens qu’il ne va plus m’attendre longtemps 🙂 Ta chronique, très très bien écrite, me donne envie d’aller le chercher et de me plonger dedans !

    1. Aha, je comprends. Si « Un avion sans elle » tu l’as dévoré, j’essaierai peut-être de le lire. Celui-ci, je l’ai lu en très peu de jours également.
      Je te souhaite par avance une jolie lecture, j’espère que tu l’aimeras autant que moi !

  7. Je n’ai jamais lu de Bussi et pour le moment il ne me tente pas, mais si je devais en lire un ce serai celui-ci car je suis allée avec ma maman à Giverny et whoua ce retrouver face à ce spectacle fut un enchantement =) Merci de ton avis !

      1. Je suis partie de paris en excursion organisé, nous avions une visite du parc et de la maison, c’était fabuleux, je te conseil vraiment d’y aller. En plus tu as lu un livre qui détaille le travail du peintre et tu t’y connais bien alors ce ne sera que du bonheur pour toi =)

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