La vie en Rosalie ; Nicolas Barreau

La vie en Rosalie558

_La vie en Rosalie

Nicolas Barreau

Héloïse d’Ormesson Éditions

Roman

224 pages

558

__« Rosalie Laurent tient une jolie papeterie à Paris rue du Dragon, où elle confectionne et vend des cartes poétiques. Un jour, un vieil homme entre et renverse un présentoir. Quelle n’est pas la surprise de Rosalie face à cet inconnu qui n’est autre que Max Marchais, dont les albums ont bercé sa jeunesse ! Séduit par son talent, il lui propose d’illustrer son célèbre conte, Le Tigre bleu. Ravie de cette heureuse collaboration, elle expose l’ouvrage publié dans sa devanture. Mais un jour, un professeur de littérature anglo-saxonne, fraîchement débarqué des États-Unis, surgit dans son magasin et, après avoir lui aussi renversé un présentoir, soutient mordicus que l’histoire du Tigre bleu lui appartient. Max Marchais serait-il un plagiaire ? Les deux jeunes gens, d’abord hostiles, vont faire cause commune pour enquêter et mettre au jour un secret qui les liera à tout jamais. Comme dans les précédents Barreau, le destin se nourrit de coïncidences, de hasards et l’amour savamment contrarié doit triompher de malentendus et quiproquos. Régal de suspense et d’émotion, La Vie en Rosalie est une histoire mutine dont le charme délicatement anachronique est une incitation à prendre son temps et savourer les petits riens de la vie. »

__Troisième livre de Nicolas Barreau sur le blog ! Pourquoi? Parce qu’il est le Prince des comédies romantiques ! Et vous le savez maintenant, j’ai besoin de ma petite dose d’amour trop choupi dans mon mois livresque…. même si…. même si. 

_« Avant même de savoir vraiment lire et écrire, elle savait nommer les teintes de bleu les plus diverses. Depuis le bleu dragée le plus clair et le plus tendre, le bleu ciel, le bleu ardoise, le bleu givré, le bleu pigeon ou l’aigue-marine limpide, qui faisait s’élever l’âme, jusqu’à ce bleu azur soutenu, intense, radieux, à vous couper le souffle. Sans oublier l’irrésistible outremer, le bleu barbeau ensoleillé ou le froid bleu cobalt, le bleu pétrole tirant sur le vert, qui recelait les nuances de la mer, ou le mystérieux indigo, renfermant une pointe de violet, pour finir par le profond bleu saphir, le bleu de minuit ou le bleu nuit presque noir, dans lequel le bleu finissait par se dissoudre. » 
p.11

__C’est l’histoire de Rosalie, une jeune-femme qui ne voit pas la vie en rose, mais en bleu. Elle tient une petite papeterie dans le VIème arrondissement de Paris, où elle crée ses propres cartes. La vie à Paris n’est pas simple, surtout quand on tient une papeterie – le loyer, les charges, toussa toussa, mais sa vie basculera  – autant que son présentoir -, le jour où Max Marchais, le roi des albums jeunesse, rentrera dans sa boutique. (C’est bien Elo, tu paraphrases la quatrième…)
C’est aussi l’histoire de Robert, New-yorkais, fils d’avocat, amoureux de littérature. Il a quitté Sherman & Sons (cabinet créé par sa famille) pour travailler à l’université comme maître de conférences en littérature anglaise. Robert aime les livres, s’est fait doucement sa place dans cet établissement ; il s’y sent bien, vivant, en adéquation avec qui il est. Il s’est doucement spécialisé dans le théâtre élisabéthain, rédigeant des essais – entre autres – sur les Sonnets de Shakespeare (il a tout compris!). Ses conférences étant appréciées, une proposition lui a été faite : une place à la Sorbonne, à Paris, pendant une année, ce qui, malheureusement, n’était pas du tout au goût de sa petite amie Rachel, qui elle, ne voulait voir en lui que l’avocat.

__« L’amour est éternel tant qu’il dure – qui avait dit cela?
Rosalie ignorait pourquoi, mais chaque fois qu’elle se trouvait assise là, elle était émue à la vue de ces cadenas chargés d’espoir qui défendaient l’amour, aussi endurants que des soldats de plomb. »
p.34

__Si vous aimez les histoires d’amour, si vous aimez les situations un peu folles, si le fait de connaître le fin de l’histoire – malgré quelques petits détails, dès la page 86, ne vous dérange pas, ce livre est fait pour vous. En effet, il ne s’agit rien de plus qu’un livre bonbon chamallow « tout coeur tout coeur » (Mélu ;)). Aucune grande surprise, un roman un peu convenu, mais assurément, un joli moment arc-en-ciel très bien construit. Personnellement, c’est tout ce que je lui demandais.
Puisque oui, je voulais un roman qui réchauffe le coeur, qui me fasse à la fois sourire et rêver, et je l’ai eu. (même si bon, rêver, c’est peut-être un peu fort…) Je voulais me balader dans les rues de Paris, je voulais un fond d’intrigue, je voulais des sentiments, de la mignonnerie, je voulais tout ça, et je l’ai eu. Puis, ça m’a fait sourire. Ça m’a fait sourire que notre personnage, Rosalie, soit née le même jour que moi, ça m’a fait sourire qu’elle instaure un petit rituel à base de vœux son anniversaire venu. Ça m’a fait sourire qu’elle soit passionnée de dessin, ça m’a fait sourire qu’elle soit ce genre de personnage : « .. Rosalie préférait sans conteste la bonne vieille ville de Paris qui lui était agréablement familière, où on veillait tard et dessinait, écrivait, lisait, discutait et buvait du vin rouge, pour commencer la journée suivante de la meilleure des façons, tranquillement, dans son lit, avec une grande tasse de café au lait. » Solidaire l’amie ! (oui, je parle à un personnage qu’est-ce qu’il y a?) Bon vous l’aurez compris, dans cet article, je ne vais pas m’attarder plus que ça sur le roman, non, je ne vais pas critiquer à 100 % le fond, ni à 1000% le style. (Comment ça c’est le but d’une blogueuse littéraire?) C’est le troisième de l’auteur, ici, et tout ce qui fait son succès est de nouveau dans celui-ci : une écriture efficace, simple fluide, des situations rocambolesques, un rythme rapide, de l’amour, une légère fixette sur le destin et/ou le hasard, le monde des livres et des arts, encore de l’amour, l’amour, l’amour ! Comme le dit La rousse Bouquine, c’est un roman doudou. Même si, bien sûr, « Le sourire des femmes » restera assurément mon favori. J’ai passé quelques heures hors du temps, à Paris, avec des personnages et une histoire qui font du bien. Que demander de plus? C’est une chronique à base d’émotions, et non d’intellect, je plaide coupable ! 

_« Si cela n’avait tenu qu’à Rosalie, beaucoup plus de gens auraient écrit des lettres et des cartes. Le bonheur, petit et parfois grand, qu’un courrier manuscrit était à même de susciter aujourd’hui encore, tant chez le destinataire que chez l’expéditeur, n’avait rien de comparable avec l’effet provoqué par un mail ou un SMS : vite oubliés, ils sombraient dans les limbes de l’insignifiance. Ce court étonnement quand on découvrait dans sa boîte une lettre personnelle, l’attente joyeuse avec laquelle on retournait une carte postale, on ouvrait précautionneusement ou on déchirait fébrilement une enveloppe… La possibilité de tenir dans ses mains une parcelle de la personne qui avait pensé à vous,d ‘étudier son écriture, d’entrevoir son état d’esprit, peut-être de percevoir l’odeur fugace du tabac ou d’un parfum… Tout cela était prodigieusement vivant. Et même si ses contemporains rédigeaient de plus en plus rarement de véritables lettres, arguant que le temps leur manquait, Rosalie ne connaissait personne qui n’apprécie de recevoir un courrier personnel ou une carte manuscrite. »
p.17

Conclusion : si vous avez besoin de sentiments amoureux, d’Happy Ending, d’une lecture simple et douce, d’un roman dont le but est simplement de passer un agréable moment, il est fait pour vous. Sinon, assurément, vous n’allez pas y trouver votre compte.

★★★

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  1. Ton billet est parfait. Tu le sais si tu t’en rappelles, j’avais préféré Tu me trouveras au bout du monde au Sourire des femmes. Mais « un roman un peu convenu » pour « un joli moment arc-en-ciel », c’est exactement ça. Et c’est déjà pas mal. <3

  2. Aaah, je suis contente que tu aies aimé ! Je trouve qu’il a vraiment le don pour faire des romans feel-good de qualité (disons pas trop trop mal écrits et avec une histoire vraiment mignonne).
    Il faut que je lise Tu me Trouveras au bout du monde.
    Merci pour la petite cace-dédi, je suis touchée !

  3. Pas trop mon truc, mais je prends toujours autant plaisir à te lire ! et en plus, ici une héroïne qui te ressemble pas mal ! J’ai eu des lectures plutôt lourdes dernièrement, il me faut une plus légère ..

  4. Ah, ton billet est génial ! J’adore tes commentaires dans les parenthèses ! Oui, ce Robert à tout compris : les Sonnets de Shakespeare sont géniaux ( d’ailleurs, ma chronique sur MacBeth est publiée sur le blog)
    Je ne me précipite pas sur ce roman, mais comme des fois les romans bonbons me font du bien, je le note dans un coin de ma tête et puis ça parle quand même de littérature !
    Ps : J’ai lu NoireClaire Elo. J’ai lu Noireclaire. J’en reviens toujours pas. Je l’ai lu et je le relis, et pourtant il semble encore m’échapper. Je me sens à la fois tellement proche du poète ( ou du narrateur, je ne sais pas), mais également très loin de lui, comme si qu’une barrière infranchissable était dressée entre nous. Plusieurs fois, ma gorge s’est serrée, plusieurs fois j’ai lu et relu une phrase pour la graver dans ma mémoire. C’est génial,étrange, inqualifiable. Il faut vraiment que j’écrive une chronique, même si le temps me manque, mais surtout merci pour cette découverte Elo, car sans toi je n’aurai sans doute jamais lu ce recueil !
    Merci mille fois très chère fournisseuse -officielle- d’idées -de -lectures !

    1. Je suis contente si mon billet te plait, je dois admettre que le coup des parenthèses je ne sais jamais si je dois les laisser ou non, mais c’est plus fort que moi.
      Oui, j’ai vu et lu ton article MacBeth, d’ailleurs je l’ai commenté (un roman) mais hélas ça a bugué en validant… et la technologie et moi, on a tendance vite à s’énerver l’une avec l’autre. Il faut que je le réécrive… mea culpa.
      Holala, tu me fais tellement plaisir avec Noireclaire ! Moi non plus, je ne sais pas comment le qualifier, et moi aussi, une nouvelle fois, j’ai ressenti à la fois cette distance et cette proximité. D’ailleurs, quelle est cette phrase? J’ai hâte de lire ta chronique, si tu te décides à la faire – qu’importe le temps, d’ailleurs.
      Merci de me lire, et je suis ravie si je réussis à faire découvrir des auteurs, j’ai gagné ma mission 😀
      Des bisous petite Eden ! (je ne sais pas pourquoi je t’appelle comme ça)

  5. Ahah tout coeur tout coeur <3 Comme toi, c'est tout ce que j'attendais de ce roman, c'est pourquoi j'ai passé un bon moment 🙂 je pense qu'on a exactement le même avis sur ce livre ! Je lirai Le Sourire des femmes du coup pour comparer 🙂 Gros bisous ma beauté <3

    1. Oui, je pense qu’il faut savoir ce qu’on va avoir avant de se lancer, et être en adéquation avec cela. Comme toi, c’est tout ce que j’attendais 🙂
      Je pense que tu aimeras « Le sourire des femmes », pour moi, c’est le meilleur, mais peut-être parce qu’il fut le premier – peut-être. Gros bisous ma jolie !

  6. J’ai un Nicolas Barreau à la maison et ne l’ai pas lu … Mais j’adore, quand le coeur n’y est pas, l’ouvrir au hasard et lire un passage juste comme ça.
    Souvent ce hasard me ramène vers une même page…

      1. Le Nicolas barreau que je n’ai pas lu est, Tu me trouvera au bout du monde .
        Et la page qui revient régulièrement débute ainsi : [•••] Contrairement à vous, j’ai passé une nuit blanche et vous n’y êtes pas totalement étrangère, gente dame… c’est la suite d’un message qui commence à la page précédente dont le titre est « Déçu « 

  7. Coucou Elo ! ça fait un moment, j’ai du retard, mais je ne recevais plus de mail :/ Et quand j’en ai reçu un c’était pour un article non-publié haha
    Bref, il faut vraiment que je me mette à Nicolas Barreau ! Tu me connais maintenant, celui-ci devrait vraiment beaucoup me plaire, je le note :p
    C’est toujours un plaisir de te lire, je te le dis à chaque fois mais c’est si vrai.
    Des bisous 😉

    1. Hello !
      Je pense que c’est l’article du Manifeste de Saez, mais je l’ai supprimé (la video youtube ne fonctionnait plus), ça n’avait plus de sens.
      Tu devrais essayer Barreau, je pense qu’il pourrait te plaire. C’est le genre de roman dont on a besoin de temps en temps.
      C’est toujours un plaisir de te lire également, même si je suis beaucoup moins présente sur la blogo ces derniers temps, mais je reviens vite ! (dès la semaine prochaine)
      Plein de bisous !

      1. C’est celui-la en effet !
        J’ai un Nicolas Barreau dans ma PAL que Carnet Parisien m’avait offert, je vais essayer de le sortir bientôt ^^
        A bientôt alors 😉

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