La vie commence à 20h10 – Le bonheur commence maintenant ; Thomas Raphaël

La vie commence à 20h10

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LA VIE COMMENCE À 20H10
LE BONHEUR COMMENCE MAINTENANT

Thomas Raphaël

J’ai Lu

Roman

507 pages
665 pages

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le bonheur commence maintenantLa vie commence à 20h10. « Si, si, tout va bien, je vous assure Après, à trente ans, j’avoue, j’imaginais ma vie un peu différemment. J’aurais bien aimé avoir terminé ma thèse. Avoir un job, un salaire, tout ça. Et si un éditeur avait pu accepter le roman que j’ai écrit en secret…. Quand une productrice propose à Sophie tout à la fois (un job et la promesse que son roman sera publié), ça sort du coeur ; oui ! Malheureusement pour elle, le job en question consiste à fabriquer un feuilleton télé. Un feuilleton télé? Quelle horreur! En même temps, une double vie, ça n’est pas si compliqué. »
Le bonheur commence maintenant. « Parfois le destin nous tend des perches. Moi, c’est des pièges qu’il me tend. Ma parade : ranger les rêves au placard. Terminés les envois aux maisons d’édition. Mon métier (prof) et mon homme (Marc) me suffisent largement. LARGEMENT. Un jour, Sophie Lechat reçoit la carte d’un réalisateur qui souhaite adapter son dernier manuscrit au cinéma. Elle commence par refuser : finis les faux espoirs. Mais quand Marc la quitte, elle se jette à l’eau. Elle n’a jamais été directrice artistique? Et alors! Elle n’a plus rien à perdre. Le secret du bonheur : sauter les pieds joints dans les chausse-trapes du destin. »

Mon avis

Vous voulez la vérité, rien que la vérité? Je ne connaissais ni l’auteur, ni ses livres… je les ai eus à Noël, tout ça parce que « Laurent Ruquier » aime ce livre. Ça ne tient qu’à peu de choses, toujours. Et comme toujours – ou souvent, j’ai commencé à lire sans regarder la quatrième. 

Et j’ai eu peur. La vie commence à 20h10 : Les 125 premières pages n’ont été que des soupirs. L’auteur nous présente nos personnages ; Marc, Sophie, sa mère, Annie, et Julien. Puis en vient d’autres ; Joyce Verneuil, Mohammed, l’équipe d’Azur Productions. Il nous résume leurs vies, nous les explique. Puis, l’histoire se lance… Il y a cette fameuse proposition de Joyce Verneuil à Sophie Lechat, suite à la lettre de Marc écrite par Sophie (lettre qui m’a d’ailleurs fait beaucoup rire). Proposition de publier son roman, oui, mais sous condition : celle de travailler pour elle. Comment vous dire? Rentrer dans les coulisses d’une série française, dans le fond, ça ne m’intéresse que très peu, voire pas du tout. Mais dans l’espoir d’être publiée, ça peut s’admettre ! Pour moi, la force de ce livre reste le talent de l’auteur, et de ses personnages. Parce que oui, malgré mon désintérêt pour la maison de production, et la construction d’une série en elle-même, on finit par se prendre au jeu de l’histoire, et Thomas Raphaël réussi à accaparer l’attention ; voulant en savoir plus, toujours plus. Je tournais les pages en me disant « Mais mince, pourquoi les gens s’entêtent dans leur mensonge? », ça me dépasse, « Mais mince, elle m’enquiquine sa mère », mais sans ça, il n’y aurait pas ces livres, ni ces péripéties. Venons-en au second, s’il vous plaît.

« En prenant l’appareil, j’ai repensé à Marc et à toutes les fois où il s’était moqué des types qui ne pouvaient pas lâcher leur iPhone. Au restaurant ou au cinéma, ils passaient leur temps à vérifier leurs e-mails. La théorie de Marc était que, en réalité, ils n’en recevaient pas : ils ne consultaient leur messagerie que pour le prestige du geste. Et leur copine, en face ou à côté, ne s’en plaignait pas : pour le prestige de sortir avec un type qui doit traiter des e-mails le samedi soir, on pouvait bien tolérer les e-mails le samedi soir.
Même à la fac, tout le monde avait un iPhone. Sauf Marc et moi. »
p.177

Le bonheur commence maintenant : je fus tellement hypnotisée par cette histoire qu’aucune note n’a été prise. Je l’ai littéralement dévoré, c’est dit ! En effet, le premier était sympathique, vous l’aurez compris, mais celui-ci fut génial. On retrouve nos personnages principaux – qui, pour certains, prennent les places de figurants, alors que d’autres débarquent, et prennent les premiers rôles. Marc quitte Sophie, il s’envole pour les Etats-Unis. Sophie veut re-séduire Marc, et sous fond d’ultime projet (le récupérer), elle accepte d’être directrice artistique pour l’adaptation de son manuscrit. Elle fera la rencontre de Lucas Gardel, réalisateur de talent. La rencontre de Gaëtan et toute l’équipe qui feront, ou ce qui sera « Première Saison ».
Comment vous dire les choses autrement? J’ai préféré m’immiscer dans le milieu du cinéma que celui de la série TV. Pour preuve, tout ce qui touchait Joyce Verneuil, dans ce livre-ci, passait en second plan dans mon esprit. J’ai aimé l’ambiance, j’ai aimé l’univers. J’ai détesté Marc, mais peut-être plus la naïveté de Sophie. J’ai adoré Julien, et davantage Arnaud (ou l’inverse). Non, vous ne saurez rien de plus sur les livres. 

« À table, une jeune femme tend un plat à son amie.
– Saumon roquette? Plein d’oméga 3, super pour la mémoire.
– C’est gentil, mais j’essaie d’oublier David »
p 129

C‘est là où j’en viens aux forces de l’auteur. Sous fond de petites histoires mignonnes. Certains dirait : Chick-lit. Ces livres abordent plusieurs thèmes importants. Avant toute chose : l’estime de soi. Sophie n’a pas conscience de son potentiel, certes elle a un amoureux brillant, et elle, elle galère un petit peu plus avec sa thèse et sa carrière, mais elle en a, et ne le voit pas – ou ne veut pas le voir, croire (autre mot en -oir). Sans oublier sa mère, détestable au possible, qui lui met une pression dingue. Alors il y a cette sous-estime oui, mais aussi, et logiquement, le fait de se mettre en retrait face à ces gens brillants qui nous entourent. Le fait d’être dans l’ombre, et idéaliser l’autre. Croire n’être Rien sans l’autre. Il y a aussi les rencontres qui nous élèvent, l’amour qui nous brise (ou l’inverse), l’homosexualité qu’il faut faire accepter, la « morale » journalistique pas toujours évidente quand on espère un CDI, le passé qui nous construit, ou nous renforce. Je le disais, sous son aspect léger, des thèmes forts sont abordés dans ce roman. Et croyez-moi, les personnages sont tellement travaillés qu’on est obligé de se mettre en parallèle avec l’un d’eux. Ils sont profondément Humain, avec leur qualité, leur défaut, leur faiblesse, leur force. Ils sont comme nous. Et  c‘est là, la force réelle de l’auteur; ce réalisme, ce quotidien, qui nous touche de près ou de loin.
Après, j’ai quand même eu un immense coup de cœur pour le duo Julien, Arnaud. Qui ont failli me faire sauter de joie dans mon canapé à 1h du matin ! (Julien, tu assures!!!) Et si l’auteur passe par là, je ne suis pas contre un livre où on les retrouve. Les quitter m’a été un peu difficile. Oui… un petit peu!

Conclusion : même si au départ tout n’était pas gagné, et même si j’ai préféré le second au premier. Et même si on peut regretter un certain manque d’approfondissement de sujets; je conseille fortement ces deux petits livres à qui a besoin d’amour, de sourires, et l’envie de s’immiscer dans le milieu de la série télé ou du cinéma. Vous verrez, vous ne serez pas déçus. En plus, je ne l’ai pas dit, mais c’est très drôle !

★★★★

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  1. deux livres d’un coup et le deuxième dévoré ! J’adore toujours autant te lire en 2016 !
    Sinon, WP m’a joué des tours, impossible de planifier la parution d’un billet, il est finalement publié après avoir du créer un nouvel article, le copier, etc. Bizarre.. J’ai vu une mise à jour du thème Nucleare (je change de sujet mais j’en profite) mais cela te concerne-t-il ? bref, je m’égare ..
    Un peu comme ces deux derniers jours, j’ai fini un livre et impossible d’en reprendre un autre. Il m’a aussi totalement avalé. J’espère pouvoir écrire un billet dessus ! En attendant, tu commences fort avec toutes tes étoiles pour ces lectures! la barre est haute, messieurs !

    1. J’espère que tu continueras d’aimer tout le long de 2016 😉
      Alors pour le thème, non, ça ne me concerne pas… peut-être que ce sera le cas, mais pour l’instant j’ai rien à en dire. Ca te fait quo?
      Ah oui? Il t’a marqué, ça fait du bien de croiser ce genre de livres de temps à autres. Quel est-il d’ailleurs? J’espère que tu réussiras à écrire cette chronique, que je comprenne.
      Le prochain sera Just kids pour moi 😉 J’espère les 5 étoiles.
      Des bisous

  2. En lisant ton article, je me suis posé une question : on dit « estime de soi » ou « estimation de toi » (comme tu l’as écrit) ? les deux existent ? Bref ^^ aucun rapport. Ca a l’air frais, sous des aspects un peu légers ! Si tu as aimé, je me les note 🙂

    1. Alors là, je dois t’avouer que tu me poses une colle, et je vais aller regarder ça de plus près. « Estimation de soi », c’est ce que j’écris, mais « l’estime de soi », me parait plus juste. Voilà que tu m’inquiètes aha !
      Oui, c’est frais, léger mais pas seulement. Je suis certaine que tu pourrais aimer.

    2. Alors, Larousse, Larousse
      Estimation : « action de déterminer la valeur, le prix de quelque chose ; montant, appréciation : Estimation d’un objet d’art.
      Action de juger, d’apprécier, d’évaluer quelque chose, une action ; évaluation : Le succès a dépassé toutes les estimations »
      Estime. Appréciation favorable que l’on porte sur quelqu’un, bonne opinion qu’on en a ; respect, considération : Il a forcé l’estime par son obstination.
      Je pense que c’est bien « l’estime de soi », ça me parait mieux. Je corrige ça de suite.

    1. Je crois, en effet, qu’il y a des chances qu’il ne te plaise pas.
      Quant à cette citation, je dois t’avouer qu’elle m’a beaucoup fait rire… il y en a quelques unes comme ça, des petites pépites !

  3. Je pense que ce sont des livres faits pour moi, je suis fan de chicklit, du milieu du cinéma et si cela peut aider pour ma confiance en moi, c’est pas mal :).
    Bisous à toi!

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