La poésie, les amis ; Habashli Kunzeï

Petites pièces d'amour

__Petites Pièces d’Amour ; Habashli Kunzeï
Editions Envolume , Collection Haïkus
256 pages

__ » »« S‘il n’est pas de plaisirs que d’instants, le haïku en est le bon interprète. Dans ce recueil, Habashli Kunzeï prend alternativement les voix de l’homme et de la femme pour explorer toutes les étapes de la rencontre amoureuse et sensuelle : émois, jouissances, mélancolies… Toujours juste, parfois exubérante, sa plume invite le lecteur comme la lectrice à passer à l’acte. »

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_____Il y a peu, j’ai été contacté par la maison d’éditions Envolume pour recevoir cet ouvrage de Habashli Kunzeï. Je tiens donc, avant toute chose, à les remercier – Aude, particulièrement.

_____Ma curiosité envers le Haïku fut attisée par celui que je ne présente plus LeQuatrièmedecouverture, avec cet article-ci.
Autant vous le dire, ces Petites Pièces d’Amour tombaient à pic !
_____Le Haïku qu’est-ce que c’est, dites-moi?
___Je pourrais, bien sûr, vous donner ma définition ou encore celle de Sir Wikipédia, mais finalement, je préfère faire honneur à la préface de cet ouvrage signée Shan Sa (prix Goncourt du premier roman, prix Goncourt des lycéens) qui l’écrit merveilleusement bien (ce serait bête de s’en priver) : « Le haïku, dont on attribue la paternité au poète Bashô dans le Japon du XVIIeme siècle, tire pourtant son origine du tanka, une forme qui florissait à la Cour de Heian où les femmes savantes consignaient leurs émotions de l’instant en langue japonaise. Enveloppées dans des kimonos et vivant confinées à l’intérieur des maisons, ces femmes-porcelaines étaient sensibles, délicates et frag
iles, car leur vie, aussi noble et riche fût-elle, pouvait être emportée par un simple chagrin ou une grippe. Leurs écrits fourmillaient de détails du quotidien comme si décrire, désigner, c’était lutter contre la mort qui menaçait. »

_____Parlons du livre dans la forme : c’est d’abord un très bel objet, construit d’une manière simple : plusieurs chapitres ; Premiers émois, Bientôt nus. Et sous chapitres ; Apparition, Icônes, Fantasmes, Éxubérances… Comme une relation (éphémère ou non) observée, analysée, dictée, poétisée ; nous donnant chaque étape.

« Sur le mur d’en face
Une ombre me fait désirer 
L’amant oublié »
p.25

_____Il y a d’abord l’apparition; celle d’apercevoir un corps, une image. Puis, la rencontre. Vient le face à face, les émois, et les premières fois. Le premier regard, La première fois que des mains se frôlent, le premier baiser, les premières dansent du corps. La quête d’une symbiose (pas forcément atteinte), puis la jouissance. Cette première nuit. Mais peut-être la dernière aussi. Il y a ce lendemain, inévitable , la rosée, le réveil, voir l’Autre, et ces pensées. L’Au revoir ou L’adieu, ça dépend. Il y a ces instants. Sans oublier la mélancolie.
C’est ce que raconte ce livre.

« Ces amours qui naissent
Et que l’on oublie
Valise sur le quai »
p.234

___ » »Divagation : à l’heure où les romans érotiques ou « mum-porn » (comme ils disent) sont à la mode (et je ne raffole pas du terme) et même si, avouons toujours, que certains titres surfent principalement sur le succès de 50 shades puisque leurs contenus laissent gravement à désirer (d’autres s’en sortent avec brio – l’un empêche pas l’autre fort heureusement!). Lire la passion amoureuse, le désir, l’embrasement à travers cette forme poétique est en un sens « rafraîchissant », même si le mot est mal choisi, je vous l’accorde, puisque ces pages frôlent l’intense!
Oui, c’est à la fois beau à lire; somptueusement doux, légèrement irrévérencieux (dans le sens, osé!) , totalement honnête, et sans mièvrerie aucune. Le tout joué avec la beauté de la langue et du sentiment. N’est-ce pas parfait?
Quoi de mieux pour le prouver, me direz-vous, que ces quelques extraits?

« Dites-moi
Combien de nuits
Encore à vivre? »
p.238

___ » »Vous n’êtes pas sans le savoir, moi qui fais des phrases à n’en plus finir, je n’ai cessé de penser de manière courte suite à cette lecture. Déformation professionnelle ou éponge littéraire – comme vous le souhaitez, mais si je reste entièrement honnête, et même si j’ai beaucoup – beaucoup aimé, j’en voulais toujours plus. La frustration m’a quelque peu habité – on ne me changera pas.

___ » »Quoi qu’il en soit, je conseille ces Petites pièces d’amour aux sensibles de Poésie, mais pas seulement (comme toujours) ; à ceux qui seraient curieux de ressentir ces instants autrement qu’à travers les romans, et qui dit bien plus que ce qu’il n’y parait ici.
___ Je laisse les derniers mots à Shan Sa : « La poésie est le refuge des cœurs solitaires. Écrire pour consigner les rêveries d’adolescent et les battements de cœur adultes, écrire pour séduire, pour mourir et revivre, c’est ainsi qu’Habashli Kunzeï met à nu l’âme du poète…. »

★★★★

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___«  »À l’heure où la nuit sonne, je vous quitte.
Le coeur lourd, ou mélancolique – puisque vous m’aviez manqué.
De retour je serai, je l’espère et vous le promets
Pour de nouveaux mots, poèmes, et chroniques.
(Rien ne va plus,je vais me coucher)

À bientôt.

 

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  1. Ça m’a l’air charmant et vous nous le présentez comme une friandise. Après tout, le Haïku est une forme de friandise de l’esprit, parfois poivré, d’autres fois pétillant, qu’on laisse infuser ou fondre dans nos songes.

  2. Ça l’air beau! La passion amoureuse ça reste un beau sujet même si c’est « à la mode ». Ça fait partie de l’humain. J’aime bien les haikus. Je n’en ai pas lu beaucoup ça semble plutôt rare sur les tablettes des bibliothèques et des librairies. Ou je ne sais pas chercher.

    1. Oui, c’est très tendre. Et oui, ça fait partie de l’humain, c’est pour ça que je ne dirais pas « à la mode », je pense que l’Amour (qu’importe comment il est abordé d’ailleurs) restera un thème universel.
      Ensuite, je ne vais pas beaucoup t’aider, j’ai découvert le Haïku que depuis très peu, et je n’ai jamais eu l’occasion de le chercher en librairie… mais à la vue des rayons « poésie classique » déjà tout « petits », c’est fort possible, oui !

      1. Je n’aime pas beaucoup le « à la mode » non plus, c’est pourquoi j’ai mis des guillemets 😉
        La poésie brille par son absence sur les tablettes et il faut commander ce qu’on veut lire. C’est dommage. À moins que le livre soit récipiendaire d’un prix, et encore. En fouillant un peu j’ai trouvé une collection d’auteurs canadiens qui font du haïku. Je pense que je vais essayer d’en trouver quelques uns, ça peut être intéressant.

  3. Aaaah ! Tes chroniques m’avaient manqué ! Et ce livre me fait incroyablement envie aussi.. D’autant que je n’ai jamais vraiment lu d’haïkus !

    Et pour le mum-porn, t’en fais pas. Je trouve le terme absolument dégueu aussi.

    1. T’es trop choupi ! J’espère que cette fois plusieurs chroniques arriveront mais c’est en bonne voie ! J’ai du retard à rattraper chez toi, d’ailleurs :'( toutes mes confuses!
      Ah, merci de confirmer, c’est complètement dégueulasse comme terme !
      N’hésite pas pour ce livre, c’est une petite pépite 🙂

      1. Haha t’en fais pas, j’ai moi-même du retard dans mes articles donc au pire tu liras les nouveautés… J’ai trop de livres à lire entre les cours et le Prix du Roman des Etudiants en ce moment, je suis débordée ! (la fille qui se plaint parce qu’elle a des livres à lire…)

        Il faut qu’on reprenne vite notre petite correspondance en tout cas, ça me manque un peu !

  4. Eh bien joli article qui donne envie effectivement de découvrir ce petit bonbon. Alors comme ça tu appelles les maison d’édition et ils t’envoient leurs livres ? Il faudrait que j’y songe…

    1. N’hésite pas à le découvrir, je suis certaine que tu aimerais! D’ailleurs merci de m’avoir « initié »
      Ensuite, grave erreur jeune homme, je n’appelle pas les maisons d’éditions, elles viennent à moi. Je n’ai pas l’audace de le faire !

          1. Oh, ça ça me fait plaisir (ou rassure), parce que bien souvent, je m’auto-saoule avec mes articles à rallonge !
            La réciprocité y’est. C’est pour ça que je te suis, pour ça que je te lis, et pour ça que je suis certaine que tu auras des propositions. D’autant plus que tu es éclectique (et ça c’est coool). Reste ouvert au partage 🙂
            C’était le moment blogosentimental !

  5. De retour et tu me gâtes ! Tu connais le nom de mon chien (que tu connais via IG) ?! Haïku <3 donc oui ton article m'a fortement inspiré et j'adore te retrouver ! Youpi ! J'ai récemment croisé un autre ouvrage consacré aux Haïkus en librairie (je pense à un internaute qui trouvait difficile de s'en procurer). Ceux que tu as cités sont superbes. Et ma petite chienne est bien une friandise qu'on a envie de croquer !

  6. Je n’ai jamais encore lu de Haikus, mais je suis décidée à explorer toutes les formes de poésies, mais je me laisse le temps ! ( d’ailleurs, je suis en train de lire Les Orientales de Hugo, et c’est à la fois beau, cruel,  »inutile  » mais délicieux ) ( je dis inutile car bien souvent ce sont des descriptions, ou des poèmes décoratifs. Souvent, C’est quasiment de L’art pour l’Art mais tout sonne tellement bien, et les images sont vraiment belles.)
    Enfin bref, désormais j’ai des pistes pour découvrir le haikus et cette dernière phrase de Shan Sa est tellement vraie ! ( d’ailleurs, le joueuse de Go est dans ma WL depuis plus d’un an…)
    Un très beau billet qui se lit d’une traite tellement il est fluide 🙂

    1. Oh que oui, il faut laisser du temps. Moi-même, je suis très en retard niveau poésie, mais j’ai toute une vie !
      Je ne les ai jamais lu ces Orientales de Hugo, plusieurs fois je les ai vu, plusieurs fois j’ai hésité. Pour ma part, je vais me lancer dans Appolinaire et ses alcools, et peut-être ses oeuvres érotiques, je ne sais pas !
      Aha, je connais ça pour les auteurs qui restent un an dans la PAL… mais je n’ai pas ce livre-ci, j’ai hâte que tu m’en parles.

  7. Envolume, une jeune maison d’éditions à bichonner, beau contenant beau contenu.
    Je me délecte par petite touche de ce blog…
    Je vais devoir combler mes lacunes en poésie.
    Un beau post délicat , une petite merveille.

    1. À bichonner, oui !
      Je suis contente si le blog vous plait et vous y trouvez un petit peu de « bonheur ». Il n’y a aucune lacune en poésie, il suffit simplement d’en lire, de temps en temps, comme on le sent 🙂
      Merci de me lire

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