Free Fall ; Leah Raeder

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FREE FALL

 Leah Raeder

Editions Prisma

Roman

363 pages

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« Vous pouvez l’appeler comme vous voulez :
de l’amour ou de la chute libre, c’est à peu près la même chose. »


« Maise O’Malley vient de fêter ses 18 ans et rêve de faire des études de cinéma, mais elle qui prétend n’avoir peur de rien et ment souvent sur son âge a toujours eu l’impression d’avoir grandi trop vite.
Quand elle rencontre Evan un soir d’été dans une fête foraine, l’attirance entre eux est immédiate, intense, et aurait dû rester sans lendemain. À la rentrée c’est le choc : Evan est en réalité son nouveau prof de lycée. Ensemble, ils se sentent vivre ; ailleurs, ils sont des acteurs qui jouent un rôle, mais ce jeu dangereux avec les interdits va les mettre en danger. »

Mon avis

Suite à l’abandon d’un livre, je me suis dit : « Okey, partons sur une valeur presque sûre, une Romance Contemporaine. Quelque chose de frais. Quelque chose qui me fasse rêver. » (Vous savez que j’aime les romans d’amouuuuur.)  Après une longue hésitation (trois minutes) j’ai fait mon choix : Free Fall (vous voulez une chanson? Let the Freee falll When it crumbles ♪ Skyfall, quoi… J’arrête. ) Le titre est accrocheur, et la couverture, sublime. Superficialité, toujours !!! 

Dans ce roman nous faisons la connaissance de Maise et d’Evan. Tout commence lors d’une fête foraine, lorsque Maise, une jeune fille de dix-huit ans (qui, de par son passé compliqué – mère droguée, père absent – a dû grandir toute seule), décide pour exorciser l’une de ses peurs, de monter dans un grand huit. Un homme, Evan donc, trente-deux ans, va s’asseoir avec elle au premier rang. Le manège se lance. Leur première rencontre. La chute libre. S’ensuit une nuit d’amour passionnée – à l’arrière d’une voiture -, intense, forte, et autre synonyme, mais je vous passe les détails si vous le voulez bien… Cette nuit fut assez inattendue pour Maise, en terme d’émotions, et va décider de prendre la fuite – par facilité, par peur, sous l’effet de la panique. Cette nuit ne rimera qu’avec Sans lendemain. Sans lendemain, oui, sauf qu’à la rentrée, au lycée, elle va vite se rendre compte que cet homme, avec qui elle a passé une nuit d’amour magnifique, s’avère aussi être son prof de cinéma. Les ennuis commencent.

Alors? Leah Raeder, l’auteur, a bien choisi « le fond » de son livre, soit : le cinéma, puisque son écriture l’est vraiment – cinématographique, j’entends. C’est quelque chose que j’ai beaucoup aimé : toutes les références, les pages décrivant la réalisation d’un film, c’était très sympa. Très très sympa. Mais, c’est à peu près tout…
En effet, Maise avait une base pour être un personnage très intéressant, sauf qu’encore une fois, il manque cruellement d’audace, je ne sais pas. Tout n’a été que surenchère de drame ne rendant rien à l’histoire, frôlant parfois avec l’insipide. L’amitié naissante entre elle et Wesley ne m’a pas convaincue une seule seconde : en quatre pages ils deviennent les meilleurs amis du monde. (j’exagère un peu) Quant à l’histoire d’amour en elle même, elle ne m’a pas convaincue non plus. (Par quoi l’ai-je été? La partie cinéma vous dis-je) Quand je lis : « M. Wilke m’observait, presque de profil, dans l’ombre. Nos regards se croisèrent, contact du silex et de l’acier. Je réalisai que cette odeur de poudre ne venait pas de l’ozone. C’était nous. Nous brûlions. » Ma perplexité est a son paroxysme…est-ce beau? Dois-je rire? Pleurer? (pleurer de rire? rire de pleurer?) Dites-moi, si le problème vient de moi? (J’ai déjà décelé ce sujet dans la chronique précédente.) Sommes-nous tous – et toutes – prêts à écrire des choses comme celle-ci quand nous sommes (fou) amoureux? Suis-je finalement aussi cynique que Maise dit l’être?  (je n’ai pas envie de l’être ou le deveniiiir!!! ) Ou est-ce que je lis trop de romances et deviens trop « exigeante »? Je ne sais guère, messieurs dames! Outre cet aspect, je n’ai pas spécialement trouvé leur relation malsaine, à première vue, puisque la relation prof/élève étant un fantasme comme un autre…. je crois, et la littérature permet aussi ça… mais, parce qu’il y a un « mais » conjugué au passé d’Evan, je dirais que oui… on frôlait vraiment avec le malsain. Bref!
Quoi qu’il en soit ma lecture fut rapide, puisque l’histoire est certes un peu redondante parfois, mais fluide… sauf qu’à aucun moment je me suis dit : « holala, j’ai envie de savoir ce qu’il va se passer ensuite. » On passe un an avec ces personnages, et il ne se passe rien, même quand il se passe quelque chose – vous suivez? Je n’ai pas été enthousiasmée. Arrivée à la page 363, je me suis dit « Okey, what’s the point? »
– toujours bilingue, oui oui.  Là, en écrivant cette chronique, je cherche encore la réponse, même si je crois avoir décelé le message : « l’amour n’a pas d’âge? » ou encore « sous nos différences, l’amour nous fait grandir? » Possible, pas faux, pour sûr, même.

« Merci, Papa, d’avoir laissé un énorme vide dans ma vie dont Freud dit qu’il devrait être comblé par des bites. »
p25
Alors oui, je m’excuse de copier cet extrait sur le blog…
mais c’est une des rares phrases du livre qui a eu un effet sur moi, puisque j’ai ris… tant c’était vulgaire et inattendu!  


Je n’apprécie vraiment pas écrire des chroniques négatives, puisque même s’il ne s’agit que de mon avis, je suis certaine que d’autres trouveront leur bonheur dans ce livre là – ou dans d’autres encore d’ailleurs. Ce n’est pas un mauvais roman, je pense juste avoir un goût amer n’ayant pas rêvé, ne serait-ce qu’une nanoseconde… Puis, je pense que face à Respire, tout me parait assez fade.  J’ai même hésité à ne pas le chroniquer, mais après tout, j’ai pensé au dernier article de Mlle Juin… faut savoir aussi dire quand on est déçue, non?
Sur ce, je vais aller méditer et faire taire ce cynisme naissant… 🙁 

Je vous laisse quand même avec des chroniques très enthousiastes, histoire d’équilibrer tout ça.
Mon paradis des Livres
Lux&Books


10/20

Livre juillet ; Challenge 2015

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  1. Alors je te rassure, tu n’es pas la seule à faire ce genre de critiques. J’ai une amie qui a pensé comme toi ! Donc le problème ne vient de toi. Je pense surtout que c’est selon nos goûts 😉 ! Et je suis d’accord avec Mlle Juin quand on n’aime pas on n’aime pas et faut être honnête de le dire. Moi par exemple j’ai fait comme toi pour un autre livre pas plus tard qu’hier pour un livre, je n’ai pas adhéré à l’histoire (chose qui est très rare).
    Mais je comprends ton point vue et le respecte bien que pour moi c’est à l’opposé ! 🙂

    1. Oui, exactement. Mais c’est vrai que ce n’est jamais facile de faire des chroniques négatives, enfin personnellement je ne suis pas ultra à l’aise. C’est aussi pour ça que j’aime donner des avis enthousiastes en fin d’article. Parce que comme tu le dis parfaitement, c’est une histoire de goût, et chaque avis peut être entendu.
      Merci pour ce commentaire 🙂

  2. ps : tu as tout à fait raison, lorsqu’on n’aime pas, il faut le dire, à quoi rimerai le blog si les avis étaient toujours positifs ? Ce n’est pas réaliste, dans la vie il y a toujours du bon et du moins bon, dans la littérature aussi =)

    1. Ce n’est pas faux… mais tu penses toujours à l’effort qu’à fait l’écrivain, toussa toussa… Puis la ligne entre l’argumentation négative et la presque « méchanceté », me fait parfois peur… donc ce n’est jamais évident d’écrire ce genre de chronique. Enfin bref. 🙂

  3. Je pense qu’à trop vouloir faire de la littérature plaisir, on a du mal à savoir où ce genre d’histoire veut nous emmener. Je reconnais que le côté ciné m’appaterait bien lol.
    Si tu cherches une histoire d’adolescente que j’ai trouvé plus convaincante, je te conseille « Lumière du rat » de Patrick Grainville, c’est plus de l’érotique et il n’y a pas de romance mais cette histoire m’a bien plu, il n’y a pas forcément de sens ou de morale mais je l’ai trouvé très juste.

        1. Moi, j’aime bien passer de l’un à l’autre, suivant ce que j’ai lu, ou envie de lire. Y’a du très bon « divertissement », comme de très jolies romances, mais parfois, aussi, on tombe sur du moins bon… (À nos yeux, toujours.)
          D’autant plus quand, comme moi, on ne lit pas toujours les quatrièmes…. :/

  4. Ce livre n’est pas du tout fait pour moi ! Mais j’ai pris grand plaisir à lire ta chronique, ces petites touches de cynisme m’ont bien plu !
    Je trouve que, même si ta chronique est négative, gères ça très bien, rien n’est méchant. Et oui, je pense également bien de faire partager nos déceptions.( est-ce français ? A l’heure que j’écris, je viens de donner un cours de maths assez long, je suis fatiguée. Désolée !)
    Bref. Je passe mon chemin, mais je m’arrête pour lire ta chronique !

    1. Adorable ! 🙂 Un cours de maths assez long? Je comprends que tu sois épuisée.
      En effet, je pense que ce livre n’est pas fait pour toi, vraiment pas du tout.
      Merci de passer par là, et repose toi bien. 🙂
      À très vite.

  5. Je vois que globalement nous partageons les mêmes avis sur les livres, donc je te suis. Et si j’étais sceptique, j’avoue que tes deux citations m’ont achevée. Je lis des livres avec une écriture « pas exceptionnelle », mais là…non, désolé !

    Et ne t’en fais pas : je suis niaise puissance 20000. Mais le trip de l’ozone, moi aussi ça me fait rire.

    1. Oh, on est tous un peu gnan gnan quand on est amoureux 😀
      En tout cas ce commentaire me rassure, merci ! Je t’avoue que pour ma part, la vulgarité de la page 25 est ce qui m’a le plus fait « rire ». J’ai vraiment du mal avec la vulgarité dans un livre. Vraiment, vraiment.

  6. Je lis ta chronique – tu sais que ce n’est pas du tout mon genre de lecture mais j’adore lire tes billets et ici tu fais preuve de talent : car une critique peut être positive ou négative, il faut juste qu’elle soit constructive. Concrètement, ni l’histoire, ni la forme ne t’ont plu : j’avoue que je n’ai rien compris à la parabole sur l’ozone (j’ai bien rigolé) et ta citation sur Freud m’a scotché ! J’ai bien ri après même si comme toi je trouve cela vulgaire. Par contre, je suis allée voir les deux critiques positives et je trouve ça intéressant qu’effectivement on ressorte toujours d’une lecture avec un avis plus ou moins différent (même sur certains livres célèbres). Enfin tu lui as quand même donné 10/20 donc ça va 😉

    1. Oh que oui, je sais que ce livre n’est pas ton genre, et jamais je te le conseillerai – ni lui ni certains autres d’ailleurs :). Je suis (encore une fois) d’accord avec toi, c’est toujours intéressant de lire des avis à l’opposé du sien – ou presque. Ça ouvre l’esprit, puis ça oblige à se faire son propre avis sur certain titre 🙂
      10/20, oui, parce que je suis une personne gentille :$ Enfin, j’essaie de l’être.

  7. De toute façon, je pense que ce roman soit tu aimes, soit tu détestes. Mais pour se rendre compte faut prendre des risques et se lancer et au pire ça passera pas, ou à l’inverse vous allez adorés. Moi j’ai été très très emballée et j’ai aucun regret ^^

    1. Oui, j’ai le même avis. C’est pour ça, comme je dis dans un précédent commentaire, j’aime donner des avis contraires au mien (surtout quand le mien est négatif), et donc avoir la possibilité de deux chroniques assez opposées histoire de laisser une chance au livre et de se faire son propre avis. 🙂

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