Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne ; Antoine Paje

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ET IL ME PARLA DE CERISIERS,
DE POUSSIÈRES ET D’UNE MONTAGNE

Antoine Paje

 Pocket

Roman

140 pages

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« Il faut parfois toute une vie pour apprendre à marcher…

Certaines rencontres peuvent-elles changer le cours d’une existence? Assurément. Une extraordinaire leçon de vie attend Paul Larmarche, Paul qui pense que réussir sa vie, se résume à… réussir.

[…]

Un roman tour à tour parabole moderne de la découverte de soi, récit d’une amitié profonde et histoire d’amour incandescente. »

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Mon avis

Ce roman était dans ma PAL depuis mille ans, pas moins. Je l’avais acheté pour les fleurs de cerisiers et cette fameuse phrase en couverture « Il y a des rencontres qui changent une vie », possible…Et des livres aussi. Mais celui-ci, je n’arrivais pas à me lancer franchement.

Il aura fallu attendre hier soir pour que je fasse la rencontre de ce Paul Lamarche. Paul fait partie de ceux qui pensent que pour réussir sa vie, il faut simplement Réussir : avoir un super boulot qui rapporte de l’argent (se faire les couilles en or, comme dit dans le livre) et avoir la possibilité de s’offrir matériellement tout ce qu’il souhaite mais qui ne lui servira probablement à rien. Pour ce faire, lui, et son meilleur ami (et également médecin) Benoit, vont décider de s’associer dans un projet commun ; celui de créer une entreprise dans le tourisme médical : permettre à des gens qui ne roulaient pas sur l’or, de pouvoir se faire soigner dans des pays émergents. L’histoire commencera réellement quand Paul sera à San Francisco pour rencontrer des investisseurs.

Ce livre est loin d’être parfait. Il est très court, donc forcément très rapide. Avant que l’auteur nous conte cette histoire, il met en avant, dans un avant-propos, les rencontres. Puis, il ajoute une introduction basée sur la Peur. La peur en général, celle des Hommes. Je crois que j’aurais aimé que ces textes soient mélangés au reste de l’histoire, fondu à l’intérieur. Enfin passons, ceci n’est qu’un détail.

« Je parle de ces fausses peurs qui nous pourrissent l’existence,à tel point qu’on ne s’en aperçoit même plus. La peur de ne pas être à la hauteur, la peur d’échouer, la peur de ne pas être aimé,
la peur de rater un truc, la peur de décevoir, la peur de passer à côté de sa vie,
la peur d’une situation nouvelle,la peur de l’autre, la peur du changement, la peur de tout. »
p.16

Ce roman, une fois attaqué, je ne l’ai plus quitté. J’ai vécu avec lui durant 140 pages. Je suis allée à San Fransisco, puis à Paris. J’y ai rencontré son « maître Alpha », Benoit, celles qui travaillent avec lui, un chien, un chat, puis ses « Yodas », comme il dit. Je l’ai accompagné en prison, dans un club privé, dans une forêt. Je l’ai suivi dans son évolution et dans son initiation. J’ai pensé à ses peurs, puis aux miennes. Il m’a agacé, parfois fait rire, souvent touché. On lui a parlé de cerisiers, de poussières et d’une montagne. Du flou à la lumière. Dans un parcours, finalement, assez banal, je l’ai suivi dans sa quête du Soi, et j’ai beaucoup aimé, je dois l’avouer.

« Le passé n’a d’importance que parce qu’il a tissé le moment présent, ici, maintenant, avec toi.
Ce qui prouve que le passé est précieux, même lorsqu’il est blessant. »

p.116

Dans son imperfection, ce roman un petit bijou. Fiction ou autofiction, peu importe. Ce texte est maladroit, parfois répétitif, part dans tous les sens, mais il est d’une tendresse et d’une justesse infinie. Malgré un texte court; une profondeur et une certaine réflexion se dégagent – à partir du moment où tout ce qu’il aborde nous fait écho. On repose ce livre cherchant et réfléchissant à ce qui fait nos vies aujourd’hui. Où nous en sommes dans notre propre initiation? Quels Yodas personnels avons-nous déjà rencontrés? Certains profils se dessinent, bien sûr. Ceux, qui, à leurs passages, ont semé ces petits graviers. Qu’on les ait ramassés, ou non… En attendant les autres; ces rencontres qui nous apprendrons toujours plus, pour enfin savoir/pouvoir marcher, pour exister, puis vivre. 

Livre initiatique en un sens. Combat face à certaines fausses peurs.
Ode à l’amour et à l’amitié. Chant à la réconciliation avec Soi.
C’est une douceur à lire, comme une jolie couverture à regarder.

15/20

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  1. Le titre est génial je trouve, et la thématique me plait. Par contre la phrase sur la couverture sur la rencontre qui change la vie c’est du archi réchauffé. J’aime bien les extraits aussi.

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