En attendant Bojangles ; Olivier Bourdeaut

EnattendantBojangles

558

_En attendant Bojangles

Olivier Bourdeaut

Finitude

Roman

159 pages

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« __« Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.. »

__Il fut assez compliqué de passer outre ce roman-ci, pas vrai? Grand Prix RTL / Lire. Prix du Roman des étudiants France Culture / Télérama. Prix roman France Télévisions. Abordé par François Busnel, par Augustin Trapenard, sans oublier mille et un blogs. Un de plus, le mien… impossible d’y échapper.
Il y a ce titre, évoquant la douce chanson de Nina Simone, puis cette couverture, rappelant le Pop Art ou Lichtenstein (pour ne pas le citer !) Qu’en ai-je pensé alors? 

« Certains ne deviennent jamais fou…
Leurs vies doivent être bien ennuyeuses »
Charles Bukowski

Nous avons un couple, des parents. L’un s’appelle Georges, l’autre s’appelle Renée, Joséphine, Colette, c’est selon… ils ont un enfant, et c’est lui qui nous raconte leur histoire. En Attendant Bojangles, c’est l’histoire d’une famille un peu loufoque, où il n’est question que de plaisirs, de fêtes, de mensonges à l’endroit, de mensonges à l’envers, de vérités quelques peu modifiées ou adaptées. C’est une famille avec une vision de la vie un peu colorée ; où l’on n’ouvre jamais le courrier, où l’école c’est ennuyeux, où les impôts c’est chiant, et où il faut s’arrêter de travailler, parce que l’ennui… c’est exaspérant. L’important c’est de rire, de danser, de s’aimer. Oui, En attendant Bojangles c’est avant tout une histoire d’amour. Un amour fou, puissant, entier. Et sous cette douce folie se cache un sombre nuage….

« – Tu vas voir, ce cauchemar va s’arrêter, tout va s’arranger, elle va retrouver ses esprits, et nous allons retrouver notre vie ! Elle a toujours autant d’humour, quelqu’un d’aussi drôle ne peut être complètement foutu !  »
p.72

J’ai été charmé. Au départ, nous faisons la connaissance de cette petite famille. On rit avec eux face à leurs aventures, aux dialogues finement pensés, on est ému par cette rencontre. Leur rencontre… puis les pages se tournent, et d’autres émotions arrivent. Il y a cette maladie qui plane au dessus d’eux ; il y a cette nouvelle histoire, moins drôle, ce combat, des retournements de situations, des péripéties, des sourires malgré un présent pesant. Puis, il y a cette fin.
L’auteur a été comparé ici ou là à Boris Vian, il y a un petit quelque chose qui le rappelle, oui, dans cette possible absurdité ou dans cette imagination, mais nous n’y sommes pas tout à fait. Ceci étant dit, Olivier Bourdeaut est un auteur à suivre. En tout cas, je vais le suivre ! J’ai aimé sa plume, j’ai aimé la construction du livre, j’ai aimé qu’il prenne deux voix ; celle du fils, pour la poésie, puis de temps en temps, celle du père, pour un certain souffle, pour une certaine véracité, pour une certaine réalité. D’ailleurs, j’aurais peut-être aimé le retrouver un peu plus. Peut-être. Olivier Bourdeaut signe ici un premier roman merveilleux, et croyez-moi, ça faisait longtemps qu’un livre ne m’avait pas autant enthousiasmé et remué  – de par cette histoire d’amour magnifique et folle – qui malgré la noirceur fait rêver (on ne m’enlèvera jamais ce romantisme!). Puis, ça faisait longtemps qu’un livre ne m’avait pas, non plus, mis les larmes aux yeux, ou brisé le cœur… et généralement, ça veut dire quand même dire que le travail de l’auteur sur l’émotion, sur la distance… est réussi. Vous l’aurez compris, je suis conquise ! 

« Le temps d’un cocktail, d’une danse, une femme folle et chapeautée d’ailes, m’avait rendu fou d’elle en m’invitant à partager sa démence.»
p.36

« __Je n’en dirais pas davantage. C’est un livre qui a fait beaucoup de bruit, et à mon sens, il le mérite.
Alors, si par hasard vous ne lui avez toujours pas cédé… ne résistez pas ! Il en vaut le coup ! 

★★★★★

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  1. Je résiste, je résiste. Bien sûr, j’en entends parlé partout : sur les blogs, à la télé, etc. Mais pourtant je résiste. Ton avis me donne vraiment envie de céder, de découvrir ce roman apprécié du plus grand nombre – je n’ai pas encore lu/vu d’avis négatif. Alors, vais-je céder à la tentation ? Je verrai ce weekend car je m’en vais à Dijon et, bien sûr, j’ai prévu de faire un tour en librairie 😀 (d’autant plus que là-bas il y a Gibert Joseph) !

    1. Ah ce bon Gibert ! J’ai déménagé dans une ville où il y en a un… et pour l’heure, je m’oblige à ne pas croiser son regard !
      Pour ce livre, je te pousserai bien à ne plus résister… mais ! Je ne veux pas en être responsable :p

      1. Ah, comme je t’envie ! Enfin… Je pense que si j’en avais un à proximité, j’y passerais toutes les semaines…
        C’est facile de se déresponsabiliser ! Tu ne me pousses pas ouvertement, mais je sais bien que tu me conseilles fortement de découvrir ce joli roman 😛

        1. Aha ! Dis-toi que je suis passée devant il y a peine 10 minutes, et je me suis dit : J’y vais ou j’y vais pas? Puis ensuite : « Non Elo, tu as suffisamment de livres dans ta PAL »
          Je résiste !!!
          Ahaha , effectivement… je te le conseille fortement ! For-te-ment 😉

          1. J’admire ta capacité à résister ! La mienne est vraiment faible… Je manque peut-être de volonté…
            Voilà, tu vois que tu me pousses à craquer ! 😛

  2. Je ne résiste pas mais là tu vois j’étais de passage en librairie et je ne l’ai pas vu. Deux fois que je ne le vois pas or il est si connu et l’auteur est .. nantais ! Bref je finirais bien par mettre la main dessus 🙂 Ton billet est toujours aussi plaisant à lire et ça fait du bien de te retrouver !

    1. Crois-moi, j’ai moi aussi un peu galéré avant de le trouver (bon je l’ai acheté il y a un peu plus d’un mois…)
      Tu finiras par le trouver oui ! Et j’espère que tu aimeras.
      (Je ne le savais pas Nantais… mais je suis au courant de rien aha)

  3. Je ne sais pas… il y a un petit quelque chose qui fait que l’attraction n’est pas complète. Mais qui sait, je finirais peut-être par succomber un jour.
    Jolie chronique en tous cas 🙂

  4. Merci pour cette belle chronique. J’avais déjà entendu parler de ce livre, mais les autres avis que j’ai pu lire n’en disaient pas assez. Je ne comprenais pas bien de quoi il s’agissait. Là je suis totalement tentée… en plus le parallèle fait avec Boris Vian est plutôt positif car j’ai adoré L’Ecume des Jours (je pense que c’est à ce roman que l’on fait allusion car là aussi l’héroïne est malade). Du coup je pense lire ce livre !

    1. Merci à toi de m’avoir lu. Je suis contente si j’ai su suffisamment en dire pour t’en donner l’envie !
      J’ai moi aussi beaucoup aimé L’Écume des jours, et je comprends la « comparaison », mais bon… c’est quand même assez facile 🙂
      N’hésite pas à venir m’en parler quand tu l’auras lu ! Je te souhaite une jolie lecture.

      1. Merci à toi. J’adore quand une chronique me donne envie de lire un nouveau livre. 🙂 Je fais un avis sur chacune de mes lectures. Je tâcherai de penser à te faire signe (je ne me mouille pas car je ne suis pas toujours super organisée, et il se peut que je le lise dans 2-3 mois).^^

  5. Aaah, je suis contente que tu aies craqué ! Je l’avais adoré aussi… Ma seule tristesse c’est de ne pas avoir pu l’acheter avant de rencontrer l’auteur lors de la remise du prix du RDE pour le lui faire dédicacer…
    Moi aussi je pense suivre cet auteur de près maintenant…
    Et j’ai halluciné quand j’ai vu qu’il s’agissait du 3ème livre le plus vendu en France en ce moment (juste derrière deux romans de Guillaume Musso), ce n’est pas rien !

    1. Evidemment que j’ai craqué ! Et tu n’y es pas pour rien !
      C’est vrai que ça aurait pu être top qu’il te le dédicace… d’ailleurs, j’aurais des questions à te poser sur le livre. Mais je le ferai par mail (j’essaie de te l’écrire dans la journée ou demain sans faute)
      Ouais tu as vu ! Entre Musso et Legardinier !
      J’ai même vu qu’il était N°1 chez Gibert et devant Musso ! Holé !

  6. Ma maman l’a emprunté à la bibliothèque et du coup elle le lit en ce moment (d’ailleurs il est sur la table juste à côté de moi, détail inutiiile), et du coup tu m’as donné envie de le lire, alors pourquoi pas l’emprunter juste après! (je ne sais pas si elle l’aime bien je ne lui ai pas encore demandé)

  7. J’étais très curieuse de lire ta chronique, j’ai tellement lu sur ce livre, du bon comme du moins bon. Je vais peut-être me laisser tenter au détour un rayon de librairie 🙂

    1. Il y a des livres, comme ça, qui, malgré des critiques dithyrambiques ne nous tentent pas ! Donc, je ne peux pas t’en vouloir. 🙂 Après, il est un peu plus qu’une simple histoire d’amour.

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