Comme un chant d’espérance ; Jean d’Ormesson

Jean D'Ormesson_______________________________

Comme un chant d’espérance

Jean d’Ormesson
de l’Académie française

Éditions Héloïse d’Ormesson

Roman

121 pages

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« À partir d’une promenade dans nos origines, ce livre raconte l’histoire de l’univers. Sous les traits d’un détective métaphysique, Jean d’Ormesson mène l’enquête et tente avec gaieté de percer ce mystère du rien, c’est-à-dire du tout. Ravissements et surprises sont au rendez-vous de son épatante entreprise. »

Mon avis

Je vous avais (plus ou moins) parlé de ma rencontre avec Jean d’Ormesson dans cet article, et c’est vrai qu’il aura fallu attendre trois mois pour qu’enfin je lise ce livre. Pourquoi? C’est une excellente question, messieurs dames! D’autant plus que, lequatrièmedecouverture, avait su me mettre l’eau à la bouche ! (expression très bizarre). Ceci est donc réparé puisque je l’ai lu hier, à une heure du matin, accompagnée d’une magnifique brise venant de mon ventilateur adoré ! Une heure du matin, pourquoi? Parce qu’il fait chaud, premièrement, et parce qu’aussi, c’est l’heure à laquelle je préfère me prendre la tête avec des sujets, dirons nous, compliqués – mais néanmoins existentiels. Venons-en aux faits, s’il vous plaît. 

Roman du rien, presque, mais pas tout à fait. Essai assez personnel, assurément (à mon sens). Jean d’Ormesson aborde dans ce livre « le néant »; celui d’après la mort, mais aussi celui d’avant le monde. Sachant que dans les deux cas, nous ne savons rien. Il dit d’ailleurs : « Nous pouvons croire. Nous pouvons rêver. Nous pouvons espérer. Nous ne pouvons pas savoir […] Avant et après, de l’autre côté des deux murs, c’est de l’imagination pure : c’est un roman. » Et c’est celui-ci qu’il a essayé d’écrire.

Comment vous dire? Ayant le souvenir assez frais de son intonation de voix – suite à la conférence -, j’avais l’impression, en lisant le texte, qu’il me le racontait. Il me narrait, à sa manière, l’histoire du monde, du Big Bang, de l’univers, des Hommes, et me laissais entrer dans son imaginaire, de par sa culture (de la science, de la philosophie, et de ses propres croyances). Parce que… qu’importe si le sujet n’intéresse pas (mais est-ce possible?), qu’importe si vous n’avez pas la même vision des choses : quel plaisir de le lire. À l’oral, comme à l’écrit; il a ce pouvoir de la Phrase – celui de raconter avec beauté et pure littérature, des choses peut-être compliquées parfois, mais toujours avec une simplicité magnifique (chaque mot est à sa place? pas sûr!) . De la littérature de qualité accessible à tous, donc.
Revenons-en néanmoins au fond… 
L’origine du monde me fascine (c’est un terme un petit peu fort), et l’après encore plus. Pour la première, je suis vite larguée puisque je suis vraiment mauvaise en science – même si, bien sûr, j’arrive à comprendre certaines choses. Quant au second? Il m’angoisse. On se / ou s’est tous posé cette question de « l’après »; une à plusieurs fois dans notre vie, d’ailleurs : Qu’est-ce qu’il y aura, ou n’y aura pas? Quel est finalement le but de l’existence? Enfin, s’il y en a un, bien sûr. Le comment et le Pourquoi. La science et l’imaginaire. L’invraisemblable. La certitude de l’absurde. La chance du mystère..
Ou bien, encore, prenez une minute pour essayer de vous imaginer le Néant, le Rien… Avouez quand même qu’à la fois d’être assez difficile, c’est aussi très angoissant. De ne pas savoir, non?
Alors voilà, Jean d’Ormesson n’est pas un scientifique, mais de par sa culture (répétition), de qui il est, de son talent ; il tente, avec sourire, de nous expliquer l’histoire de l’univers et des Hommes, essayant tant bien que mal de percer de biens nombreux mystères. Avec poésie, toujours. Il y a des passages sublimissimes, et je dois avouer avoir beaucoup aimé les pages où il tente de nous  « remettre les idées en place » (terme, encore une fois, un peu fort) quant à notre nombrilisme et notre immensité, pourtant si minuscule dans cet univers quant à lui Immense. Je ne vais pas en dire davantage, pour vous laisser savourer ces quelques centaines de pages, si l’envie vous en dit… Parce que j’estime que moins j’en dirais, mieux ce sera ! Bien qu’il y ait un léger doute quand même : comme le dit Lequatrièmedecouverture (c’est bizarre d’appeler des gens par leur blog), il est possible qu’il faille être un minimum ouvert d’esprit pour pouvoir savourer la majeure partie du texte.

Quoi qu’il en soit, ce fut pour moi, bel et bien un chant d’espérance face à cette énigme insoluble. 

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C’est totalement absurde de citer un passage qui n’a pas été écrit par lui, j’en conviens.
Mais, page 116, il cite une lettre anonyme – trouvée dans une petite ville anglaise,
dont j’aimerais vous donner un extrait tant je l’ai trouvé juste, et belle.
(Ce qui, dans le fond, en dit long sur Jean d’Ormesson, non?)

« Vous êtes un enfant de l’univers. Pas moins que les arbres et les étoiles.
Vous avez droit d’être ici.
Et, qu’il vous soit clair ou non,
l’univers se déroule sans doute comme il le devait.
Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez
dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre coeur.
Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. »

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Pour limite paraphraser une nouvelle fois LequatrièmedeCouverture, cette chronique a été assez compliquée à écrire, tant le contenu du livre est assez complexe de par son sujet, et tant j’en ai presque mal à la tête, du coup, j’espère avoir été la plus claire possible.

18/20

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        1. Pour sûr, mais l’ayant déjà lu et aimé (avec un autre que celui-ci), je savais que pour moi, ce n’était pas un risque.
          Pour les autres, c’est certain ! Il n’est pas plus à l’abri que n’importe quel autre auteur.

  1. Quel beau billet ! Tu m’as vraiment donné envie de le lire ! J’aime le phrasé d’Ormesson, sa poésie, sa sagesse et son sourire – et son côté épicurien (bon vivant) – donc je pense que cette lecture me plairait bien 😉 Petite question : l’as-tu lu d’une traite ?
    Enfin j’adore l’extrait que tu cites, c’est super joli 😉
    J’ai vraiment réfléchi pour la première fois (à l’immensité de l’univers) en allant voir le Grand Canyon – là tu as la taille d’un tout petit caillou… ça fait du bien ! ça rend un peu plus humble.

    1. Si tu aimes déjà son phrasé et ce qu’il parait être – ou ce qu’il doit être, j’en suis persuadée -, c’est fort possible que ce livre te plaise, oui.
      En tout cas, je suis heureuse que tu aies aimé cet article, et de t’avoir donné l’envie de le lire 😀
      Pour répondre ensuite à ta question, oui, je l’ai lu d’une traite. Je pense que c’est aussi un livre que je relirai, pour plusieurs aspects, et parce que mine de, il pose certaines questions – enfin à moi en tout cas.
      Ensuite, je comprends totalement ta sensation face à l’immensité, moi aussi ça m’est arrivée, d’une différente manière certes, mais avec la même finalité : celui de rendre humble. Ça fait du bien d’être un caillou, non? On relativise. Même si ça peut effrayer… aussi.

  2. Tu as rempli ton job, ne t’inquiètes pas : cette chronique est très belle, bien qu’énigmatique, mais elle doit refléter très bien le roman ( ou essai).
    Je n’ai pas encore eu la chance de découvrir Jean d’Ormesson ( que ce soit de visu ou de par sa plume, – je sais seulement que c’est le propriétaire de Vaux-le -Vicomte ) du coup, je pense lire autre chose de lui pour commencer. 1h du matin pour lire et s’interroger ? C’est une très bonne heure !

    1. Oui, je pense que je me devais d’expliquer le contenu sans trop en dire, mais le dosage n’est pas évident à avoir.
      Je te conseille de te lancer dans sa bibliographie, je suis certaine que tu y trouveras un titre susceptible de te plaire .
      Tu m’apprends quelque chose là, même si Vaux-le-Vicomte, ne signifie pas grand chose pour moi, aha.
      Merci d’être passée par ici. 🙂

  3. Moi aussi j’aime bien me prendre la tête et je le fais soit tard le soir soit tôt le matin.
    Je pense qu’effectivement c’est un homme très instruit et à partir de logique et de réflexion, plus des lectures, on peut donner sa propre vision de l’origine du monde et ce qui se passe après la mort.
    Personnellement, je sais certaines choses sur l’humain à partir de cours de sociologie et d’anthropologie qui m’ont appris à réfléchir, à penser.
    Ton article est très intéressant.
    Gros bisous!

    1. Je suis contente que cet article t’ait plu.
      On se retrouve alors pour cet horaire de « réflexion » 😉
      Il m’est assez difficile de te répondre davantage puisque je valide à 100 % ton commentaire, et ne peut qu’aller dans ton sens! Alors merci pour ces quelques mots et de m’avoir lu, encore une fois.
      Bisous bisous.

  4. Merci pour ton billet encore une fois !

    Jean d’Ormesson fait partie des auteurs/personnes qui m’intimident. Je crois du coup que j’ai tendance à éviter ce genre de lecture… pas par désintérêt, parce que je suis sûre que je pourrais beaucoup en apprendre, mais seulement parce que j’ai peur de ne pas me sentir sur la même longueur d’onde que l’auteur. Je dois avoir quelques préjugés sur ce point…

    En lisant ton billet, je suis tombée amoureuse de cette phrase que je trouve très belle :  » Nous pouvons croire. Nous pouvons rêver. Nous pouvons espérer. Nous ne pouvons pas savoir […] Avant et après, de l’autre côté des deux murs, c’est de l’imagination pure : c’est un roman. » Du coup tu as réussi à me convaincre qu’il fallait que je me lance, au risque de passer à côté de quelque chose. Donc merci copine de blog <3 bisous

    1. Je comprends que trop bien ce sentiment, Moi aussi j’étais assez intimidée par J. d’Ormesson, et bien d’autres auteurs encore – peut-être davantage avec certains poètes d’ailleurs. Mais il faut se lancer, je crois. Parfois ça fonctionne, parfois ça ne fonctionne pas, mais au moins on essaie.
      Sachant que si tu aimes cette phrase, je suis quasi certaine que tu aimeras le reste… même si nous ne sommes à l’abri de rien 😀
      Tu me tiens au courant donc, enfin je regarderai ton blog .. enfin, les deux quoi 😀
      C’est toujours avec plaisir, copine de blog ! Bisous Bisous

  5. J’ai très envie de le lire, cela m’intrigue, comme tout le monde bien sur, ce néant d’avant et d’après, mais le fait d’en écrire quelque chose est déjà en soi fascinant =) Merci pour ton avis !

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