Snow Queen ; Michael Cunningham

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Snow Queen

Michael Cunningham

Belfond

Roman

278 pages

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« Un soir de novembre, alors qu’en pleine déprime amoureuse, il traverse Central Park, Barrett est témoin d’une lumière mystérieuse, un moment fugace de beauté pure, un instant suspendu, comme si quelqu’un, quelque part, le regardait avec bienveillance.
Une lumière qui lui évoque son frère, Tyler, cocaïnomane, musicien talentueux qui n’a jamais percé ; Beth, la fiancée de Tyler, qui se meurt d’un cancer ; Liz, leur amie commune, leur presque mère.
Une lumière illumine aussi ses propres failles, ses ambitions ratées, ses amours déçues.
Une lumière comme une manifestation du sublime. Comme l’amour, qui, malgré tout, unit ces êtres blessés. Ou le rappel que si le temps passe et les rêves aussi, reste la tendresse…

Avec Toute la grâce et la subtilité qu’on lui connait, Michael Cunningham nous offre une nouvelle plongée dans le New York des âmes perdues, l’histoire poignante d’hommes et femmes en quête de transcendance, à travers l’amour et l’art. »

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Mon avis

Ce livre est un achat coup de cœur couverture – ce bleu, ces « flocons », et la quatrième. Je ne connaissais pas l’auteur, et je ne sais pas pourquoi, la quatrième me parlait.

Dans ce roman il est question de Barrett, qui, suite à une rupture amoureuse par Sms, va traverser Central Park et sera témoin d’un étrange phénomène; un halo de lumière va naître devant ses yeux. Barrett est un intellectuel qui se contente d’être vendeur dans le magasin de son amie Liz, en attendant que l’amour frappe à sa porte. Il vit chez son frère Tyler – un quadra qui rêve de musique, et qui manque cruellement de confiance en lui- , et chez sa belle-soeur, Beth, gravement malade. Tous les trois  (quatre avec Liz) sont des êtres un peu perdus, ou un peu secoués par la vie.

L‘auteur nous narre, sous flocons New-Yorkais, et ce avec une plume délicate, le destin un peu brisé, un peu maladroit, de jeunes gens dont la vie n’a pas épargné – ou n’épargne pas, mais qui ne se plaignent pas. Des gens qui ont eu des rêves, des espoirs, mais qui par diverses raisons, ne se sont jamais exaucés, ou élevés. Michael Cunningham écrit avec tendresse la vie d’hommes et de femmes, blessés mais unit par l’amour, ou la tendresse.. Ou par une illumination à travers un halo, d’un espoir ou d’un changement… (?)

« Naturellement ce n’est pas ce qu’on attendait de lui, ce n’est pas le métier sérieux qu’on imaginait qu’il exercerait. Mais franchement, qu’y a-t-il de plus déprimant qu’offrir à son public le résultat attendu?
Et peut-être – peut-être – que l’amour viendra, et restera. C’est possible. Il n’y  pas de raison évidente pour justifier les caprices de l’amour (pas plus qu’il n’y a de raison évidente qui explique le comportement des neutrons). Ce n’est qu’une question de patience n’est-ce pas? De patience, et de refus de renoncer à l’espoir. Le refuse d’être anéanti, par exemple, par les cinq lignes d’un message de rupture.
Je te souhaite d’être heureux, et bonne chance pour la suite. xxx »
p121

J‘ai, avant tout, beaucoup aimé l’écriture de l’auteur, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un coup de cœur de ce point de vue là. Michael Cunningham à l’art de nous faire ressentir, en profondeur, les émotions d’un quotidien. D’une scène un peu banal, il la transforme en une sorte de moment poétique, et en phrases merveilleuses. J’ai aussi beaucoup aimé la construction du roman – même si mon côté un peu obsessionnel était dérangé par ce manque de numéro en haut des chapitres (hum)… on s’attarde sur des instants, des soirées, et on passe à autre chose;  pour une évolution certaine dans le temps – comme on pourrait le faire en retraçant nos vies à travers les moments marquants. Il passe d’une période clef à une autre, donnant du détail, ou du rythme, à l’émotion – à cette quête, et ce, toujours habillé de sublime. Alors certes, au départ, je n’arrivais pas à rentrer dedans (à cause de ma dernière lecture)… je tournais les pages difficilement, puis, les choses se sont mises en place; je me suis laissée à côtoyer ces personnages, à les aimer – Barrett, plus spécifiquement, qui a ce je ne sais quoi d’attachant- , puis à réfléchir. Parce que sous ces airs de « roman » qui raconte le quotidien, de petites gens (rien de péjoratif, hein) comme vous et moi (ou presque), se cache de la profondeur et des réflexions qui soit, nous font échos, soit nous pousse dans une certaine remise en question, débat intérieur, ou ouverture d’esprit. C’est un roman sur le temps qui passe, sur l’évolution, sur une quête personnelle…  Un récit sur la nostalgie d’un certain passé et l’espoir d’un futur qu’on souhaite meilleur. Un roman sur l’amitié, le soutient, le réconfort, les relations qui nous rendent plus forts. C’est un roman qui sonne juste sous bien des aspects, mais là, je vous laisse la possibilité de vous faire votre propre avis.

« Barrett dit : « Tu sais, si tu es plein d’espoir, si tu te réjouis même un peu de quelque chose
qui pourrait arriver, ça n’a aucune influence sur le résultat. Tu peux toujours t’offrir un moment d’optimisme, même si tout s’écroule à la fin. Et c’est superstitieux qui le dit. »
p.196

Et c’est une superstitieuse, qui le confirme 😉

Alors voilà, je ne peux que conseiller ce petit livre. C’est un réel bijou!!
Vous pouvez me croire sur parole. 

18/2010

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  1. J’hésitais à me le prendre la semaine dernière mais, ne sachant pas du tout ce que valait l’histoire, j’ai passé mon tour. Peut-être que je me laisserai tenter mardi… En tout cas ton avis donne envie.

    1. Merci beaucoup!
      Oui, c’est assez rare finalement quand je m’attache au(x) personnage(s), c’est une sensation agréable, je dois l’admettre. Et, je pense que tu pourrais l’apprécier, ce Barrett. 🙂

  2. Moi c’est le titre qui m’a attirée la première fois que j’ai croisé la couverture, puis j’ai lu pas mal de critiques positives… et je l’ai ajouté à ma wishlist ^^

    1. Je peux comprendre, même si j’étais complètement réticente au titre, mais après la lecture, je l’accepte.
      Ah très-bien, bon bah si tu l’achètes et le lis, j’espère que tu l’aimeras autant que moi.. parce que vraiment, il frôle le coup de cœur.

      1. Je te dirais ça 🙂
        ( mais le nombre de livres que je meurs d’envie de lire ne cesse d’augmenter et je commence à désespérer de pouvoir réellement les parcourir un jour! )

          1. ça doit être pathologique…
            Je m’étais promis de ne pas ajouter de livres à ma PAL et bim! j’ai replongé, il y en a 4 ou 5 ( je ne sais même plus ) qui arrivent demain ou lundi 😀

          2. Je me suis dit « quasi » zero achat pour avril, mis à part une commande que j’ai dû faire dans ma librairie parce que je le trouvais nul part. Et probablement demain, puisque je vais voir Jean d’Ormesson. mais sinon, je m’y tiens bien… et compte m’y tenir les 20 prochains jours aha.

            J’ai presque envie de te demander lesquels, mais la curiosité est un vilain défaut, non? :p

  3. J’attendais un avis sur ce livre car j’ai en mémoire une lecture un peu ennuyeuse de cet auteur. Il me semble à te lire que c’est tout de même un livre assez statique mais si les personnages sont bien mis en valeur et me poussent à l’introspection, cela peut m’intéresser.

    1. Oui, c’est assez statique, et basé sur un certain quotidien mais les personnages sont forts travaillés, et le sujet de base bien exploité. Tu devrais lui laisser une seconde chance, et si tu n’aimes pas, j’en prends la responsabilité aha. 😉

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